Contrairement à l’idée d’une République désenchantée qui aurait rangé ses grandes cérémonies au magasin des accessoires, notre enquête IFOP pour Observatoire histoire et vie publique et Paris Match montre un fort attachement des Français à la panthéonisation.
D’une part, les deux premières représentations qui lui sont spontanément associées relèvent du registre du sacré républicain : le respect (42 %) et la solennité (37 %), loin devant l’indifférence (26 %), la politisation (23 %), l’élitisme (17 %) ou le caractère désuet (16 %).
D’autre part, 63% des Français jugent justifié de faire entrer au Panthéon des personnalités ayant marqué l’histoire nationale, une tendance majoritaire parmi toutes les sensibilités politiques (LFI : 70%, Renaissance : 78%, Les Républicains : 80%, le RN : 59%).
Et pour les Français, ce qui doit justifier une entrée, c’est d’abord le rôle dans l’histoire de France (83 %), l’engagement pour la République et ses valeurs (77 %) et l’exemplarité morale (74 %), la popularité arrivant en dernière position (23 %). Cette hiérarchie met en exergue l’importance historique, qui se lit dans le palmarès des panthéonisations les plus marquantes, largement dominé par Simone Veil (72 % de citations, 41 % en premier) et Jean Moulin (53 %).
Concernant les souhaits d’entrée, les Français affichent leur préférence pour des destinées accomplies et « ancrées » dans l’Histoire : Georges Clemenceau (55 % de citations) et le maréchal Leclerc (52 %) arrivant en tête.
Enfin, les Français assignent au Panthéon une fonction d’abord mémorielle et pédagogique : reconnaître des parcours exemplaires (76 %), transmettre l’histoire aux jeunes générations (71 %), renforcer le sentiment d’appartenance nationale (66 %).