Les intentions de vote dans la perspective de l’élection présidentielle

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01.06.26

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L’Ifop pour LCI, Sud Radio et Le Figaro publie une grande enquête sur les intentions de vote pour la prochaine élection présidentielle : l’élection du renouvellement.

Dans un contexte d’incertitude politique maximale (à l’exception de la candidature de Jean-Luc Mélenchon), nous avons testé, de manière inédite, 11 configurations de premier tour !

Quel que soit le scénario testé, le Rassemblement national arriverait nettement en tête, avec des intentions de vote comprises entre 32 % et 34 %. Malgré un léger recul observé par rapport à février (-1 à – 3 points), ce niveau reste environ 10 points supérieur au score obtenu par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2022. Dans nos hypothèses, Jordan Bardella obtiendrait un score légèrement supérieur à celui de Marine Le Pen (près de 2 points d’écart) et disposerait d’une avance d’environ 14 points sur son principal concurrent au premier tour. Le socle électoral du RN demeure particulièrement solide. Le « gender gap » a quasiment disparu (36 % chez les femmes, 32 % chez les hommes) et le vote apparaît relativement homogène selon les générations, à l’exception des 18-24 ans (25 %). Le RN reste en revanche nettement plus faible chez les diplômés du supérieur (10 % parmi les titulaires d’un 2e ou 3e cycle). Au-delà de sa base électorale, il attire également 14 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon de 2022 et 11 % de ceux d’Emmanuel Macron.

Au sein du bloc central, la compétition entre Édouard Philippe et Gabriel Attal resterait ouverte. Tous deux apparaissent en mesure d’accéder au second tour dans la quasi-totalité des configurations testées (10 hypothèses sur 11). L’avantage demeurerait toutefois à Édouard Philippe : lorsqu’il serait le seul candidat du bloc central, il recueillerait 18 % des intentions de vote, contre 16 % pour Gabriel Attal. Et dans l’hypothèse où les deux concourent simultanément, E. Philippe (14 %) devancerait nettement G. Attal (9 %).

Les deux candidats du bloc central progressent depuis février. Édouard Philippe gagne 2 points (18 %, contre 16 % en février), tandis que Gabriel Attal enregistre la plus forte hausse de la période avec +5 points (16 %, contre 11 %). Tous deux occupent l’espace du socle commun et réalisent leurs meilleurs scores auprès des électeurs d’Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse de 2022.

À droite, Bruno Retailleau peine toujours à s’imposer face au RN et au bloc central. Selon les hypothèses, il recueillerait entre 9 % et 11,5 % des intentions de vote, sans jamais franchir le seuil des 12 %. Ses scores apparaissent en léger recul par rapport à février.

Dans l’hypothèse d’une gauche hors LFI désunie, la dispersion des candidatures pénaliserait fortement l’ensemble du camp. Dans aucun des scénarios testés, un candidat de gauche n’accéderait au second tour. Jean-Luc Mélenchon demeurerait systématiquement le mieux placé, avec 12,5 % à 14 % des intentions de vote. Il devancerait de 4 à 6 points Raphaël Glucksmann (9 % à 10 %) ou François Hollande (8 %), et très nettement les autres candidats de gauche : Fabien Roussel (3 % à 6 %), Marine Tondelier (4 % à 5 %), Olivier Faure (4 %) et François Ruffin (3 %). Le clivage générationnel demeure très marqué : la gauche séduit avant tout les jeunes électeurs, mais peine à s’imposer auprès des seniors.

Même dans l’hypothèse d’une union de la gauche hors LFI, Jean-Luc Mélenchon conserverait l’avantage au sein de la gauche avec 15 % des intentions de vote, devant François Hollande (11 %) et Raphaël Glucksmann (12 %). Il resterait toutefois nettement distancé par Jordan Bardella (33 %-34 %) et Édouard Philippe (22 %), qui domineraient le premier tour.