À un an de l’élection présidentielle de 2027, le baromètre Ifop-Fiducial réalisé pour Le Figaro et Sud Radio met en évidence l’absence de candidat naturel. Comme le souligne Frédéric Dabi, « personne ne réunit une majorité de souhaits », traduisant probablement une forte fragmentation de l’offre et un rejet du personnel politique.
Dans ce paysage éclaté, le Rassemblement national demeure le bloc le plus solide. Jordan Bardella arrive en tête avec 44% de souhait de candidature et surtout 74% de pronostic, ce qui en fait la personnalité dont la présence en 2027 paraît la plus probable. Il devance désormais nettement Marine Le Pen (39% de souhait, 52% de pronostic), fragilisée par les incertitudes judiciaires pesant sur son avenir. Cette évolution traduit un possible basculement du leadership au sein du RN. Notons qu’auprès des sympathisants du RN, 77% considèrent que Marine Le Pen sera candidate à la prochaine élection présidentielle.
Du côté du bloc central, la hiérarchie reste ouverte mais Édouard Philippe conserve une longueur d’avance. Il recueille 36% de souhaits et surtout 67% de pronostics (+8 points), ce qui en fait le candidat le plus crédible dans cet espace. Toutefois, Gabriel Attal progresse (31% de souhait, 54% de pronostic), porté par une forte exposition médiatique.
À droite, la situation apparaît plus stabilisée. Bruno Retailleau s’impose avec 28% de souhait et 54% de pronostic (+11), devançant largement ses concurrents. Il distance notamment Xavier Bertrand, Michel Barnier et Laurent Wauquiez. Selon Frédéric Dabi, « il a réussi à verrouiller sa candidature », faisant de lui le représentant le plus probable de son camp.
À gauche, le constat est inverse : aucune figure ne s’impose durablement. Raphaël Glucksmann arrive en tête des souhaits (26%), devant François Hollande (22%, en progression) et Bernard Cazeneuve (18%).
Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon conserve une place centrale : 57% des Français jugent sa candidature probable. Toutefois, seuls 16% souhaitent le voir se présenter (contre 72% qui ne le souhaitent pas du tout, correspondant au taux de rejet le plus élevé). À l’inverse, François Ruffin progresse (24% de souhait, +4), apparaissant comme une alternative crédible au sein de la gauche.
Enfin, certaines personnalités issues de la société civile, comme Michel-Édouard Leclerc (20% de souhait) ou Patrick Sébastien (15%), suscitent un intérêt non négligeable. Toutefois, leurs scores de pronostic restent faibles, signe d’un manque de crédibilité électorale. Comme le souligne Frédéric Dabi, « les Français ont intégré qu’ils ne pourront pas aller au bout ».