GLP-1 : la tentation française ? Enquête sur l’attrait des Français(es) pour les médicaments anti-obésité

Ensemble avec

25.08.26

  • Ifop Opinion
  • Affaires publiques
  • FR

3 min de lecture

L’Ozempic et ses cousins vont-ils conquérir la France comme ils ont conquis l’Amérique ? Pour Darwin Nutrition, l’Ifop a interrogé 3 004 personnes sur leur attrait pour ces médicaments anti-obésité, désormais remboursés. Dix millions de Français prêts à sauter le pas, une vraie tentation du marché parallèle : notre enquête révèle une demande bien plus esthétique que médicale.

I. En France, le recours aux médicaments pour maigrir reste embryonnaire, et sans commune mesure avec la vague américaine

  • Seuls 4 % des Français(es) ont déjà essayé de perdre du poids en prenant des médicaments contre l’obésité de type Ozempic ou Wegovy, et 2 % le font actuellement. À la même date, aux États-Unis, 15 % des adultes déclaraient en avoir déjà pris et 11 % en prendre au moment de l’enquête : un rapport de 1 à 4.
  • Fait rare dans l’univers des solutions minceur, les médicaments anti-obésité sont la seule option plus masculine que féminine : 6 % des hommes en ont déjà pris contre 4 % des femmes, et jusqu’à 10 % des hommes de moins de 35 ans.
  • De manière plus générale, la consommation de médicaments pour mincir – qui ne se limite pas qu’au GLP-1 – semble relativement stable sur le long terme : la prise de produits ou de médicaments pour maigrir concerne 12 % des Français(es) au cours de leur vie, soit un niveau quasiment inchangé depuis 1979 (11 %).

 

II. Mais le réservoir de consommateurs potentiels est massif : près d’un Français sur cinq sont prêts à prendre ces produits

  • 18 % des Français(es) estiment pouvoir prendre des médicaments GLP-1 pour maigrir (5 % « certainement », 13 % « probablement »), soit 20 % des femmes et 16 % des hommes.
  • En y ajoutant les usagers actuels, la consommation potentielle atteint 19 % de la population, soit près de dix millions d’adultes – un vivier du même ordre que celui mesuré outre-Atlantique auprès des Américains non-utilisateurs (22 %).

 

III. Le vrai risque : un marché parallèle qui recrute précisément là où la loi exclut

  • 41 % des consommateurs potentiels de GLP-1 pourraient s’en procurer sans prescription médicale, via des pharmacies étrangères ou des sites non autorisés (13 % « certainement »), soit environ 8 % de la population adulte – près de quatre millions de personnes.
  • Ce recours au marché parallèle suit un gradient inversé : il concerne la moitié des candidats de corpulence « normale » (50% pour les femmes, 54% pour les hommes), contre plus d’un tiers des personnes obèses (38% ; 34%), et jusqu’à 85 % des femmes se jugeant minces. Autrement dit, plus on est éloigné des critères de remboursement, plus on envisage l’illégal.
  • Cette clientèle du marché noir est jeune, urbaine et issue du salariat modeste : 62 % des femmes de 25-34 ans, 60 % des employés, 62 % des ouvriers, la moitié des habitants de l’agglomération parisienne (56% pour les femmes, 53% pour les hommes) et 61 % des consommatrices quotidiennes de contenus beauté – contre 7 % des femmes de 65 ans et plus.

 

Retrouvez l’analyse de Darwin Nutrition sur : https://www.darwin-nutrition.fr/actualites/glp1-france/