Canicule, vacances qui approchent, plage en ligne de mire : chaque année la pression s’impose à l’idée qu’il va falloir supporter le regard des autres sur des tenues légères dans la rue comme à la plage. Sur les réseaux, l’écart est grand entre des comptes #bodypositive qui célèbrent les bourrelets, les cellulites et les corps « hors normes » et la déferlante du summer body, sa cohorte d’influenceuses fitness et ses avant/après. Entre les deux, les Français, et surtout les Françaises, se débattent.
Dans ce match entre «Body positive» et le «summer body», qui l’emporte ? L’acceptation des corps proclamée dans les discours, ou l’injonction au corps parfait ? Le mouvement body positive, combattant les canons formatés que les réseaux font défiler en boucle, a-til vraiment un impact sur le rapport au corps des Français(es) à l’ère du déferlement des
corps parfaits sur les réseaux ? Et plus largement, qu’est-ce qui a changé, dans le rapport des Français à leur poids, au cours des dernières décennies ? C’est à ces questions que cette enquête entend répondre.
Les chiffres clés
I. À l’ère des réseaux sociaux, le poids est une source de préoccupation beaucoup plus grande qu’il y a une cinquantaine d’années
- Le jugement que les Français(es) portent sur leur silhouette est beaucoup plus sévère qu’il y a trente ans : 61% des Françaises se trouvent aujourd’hui trop grosses, contre 41% en 2001 et 36% en 1997. Les hommes se trouvent aussi beaucoup plus gros (48%) qu’en 2001 (34%).
- Aujourd’hui, le mécontentement des Françaises envers leur poids est presque deux fois plus fort (63%) qu’il y a une trentaine d’années (37% en 1998). L’insatisfaction à l’égard de son poids est, certes, moins forte dans la gent masculine mais elle est partagée par un homme sur deux (47%).
- Le ventre est de loin la principale source de complexes des Français(es). Mincir du ventre est ainsi une aspiration trois fois plus forte aujourd’hui (76%) qu’il y a une cinquantaine d’années (28% en 1979), et ceci autant chez les hommes que chez les femmes.
II. L’arrivée des vacances d’été provoque chez les Français(es) un élan de motivation pour maigrir, en particulier chez les femmes
- L’été met deux fois plus de Français en « alerte minceur » aujourd’hui (40%) qu’il y a une cinquantaine d’années (22% en 1979) tout en affectant beaucoup plus la gent féminine (47%) que masculine (33%).
- L’aspiration à maigrir avant les vacances est deux fois plus forte aujourd’hui (38%) qu’à la fin des années 70 (23%) tout en restant très genrée : près d’une Française sur deux (46%) souhaite perdre des kilos avant les vacances d’été, contre trois hommes sur dix (30%).
- Et cette aspiration à perdre des kilos avant les vacances d’été n’est pas l’apanage des femmes en surpoids : elle est aussi partagée par un tiers des Françaises ayant un IMC « normal » (33%) et même 13% des femmes ayant un poids inférieur à la normale.
III. Adopter une alimentation plus saine reste la solution minceur privilégiée avec le sport
- Si la plupart des Français souhaitant perdre leurs kilos avant l’été prévoient avant tout de se contenter de manger plus sainement (85%), près de la moitié (47%) envisagent aussi de faire un régime strict, en particulier les femmes (50%, contre 43% des hommes).
- Près des trois quarts des Français souhaitant perdre leurs kilos avant l’été prévoient quant à eux de faire du sport, de la gym ou de la musculation (71%), notamment dans les strates les plus jeunes, les plus aisées et les plus diplômées de la population.
- La prise de médicaments de type GLP-1 est envisagée par 10% des Français(es) souhaitant perdre leurs kilos ; chez les femmes, cette option a le vent en poupe chez les jeunes (14% de la Gen Z) et les adeptes quotidiennes de contenus beauté (21%) ou d’influenceurs fitness (19%).
IV.Le soutien au body-positivisme et l’addiction au contenu « beauty/fitness » des réseaux sociaux sont loin d’être des comportements antinomiques
- L’exposition des jeunes à des images de corps formatés sur les réseaux est massive : 66% des femmes de moins de 35 ans y consultent des contenus beauté, 62% des comptes d’influenceurs sport et 51% des images de corps « parfaits » auxquelles elles veulent ressembler.
- Beaucoup plus forte chez les femmes (67%) que chez les hommes (55%), cette attention à son poids va de pair avec une consultation régulière de contenus « beauty » ou d’images de corps « parfaits » (88% chez les amateurs quotidiens, contre 68% des non-amateurs).
- Le soutien au mouvement « body positive » est mitigé (52%), sauf chez les plus jeunes (74%). Mais ce soutien n’est pas antinomique avec une fréquentation intense des réseaux : les valeurs du body-positivisme sont partagées par 81% des femmes visionnant des contenus beauté quotidiennement, contre 50% des femmes n’en visionnant jamais.