Les complexes liés à son poids et les nouvelles solutions minceurs des Français

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25.06.26

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Canicule, vacances qui approchent, plage en ligne de mire : chaque année la pression s’impose à l’idée qu’il va falloir supporter le regard des autres sur des tenues légères dans la rue comme à la plage. Sur les réseaux, l’écart est grand entre des comptes #bodypositive qui célèbrent les bourrelets, les cellulites et les corps « hors normes » et la déferlante du summer body, sa cohorte d’influenceuses fitness et ses avant/après. Entre les deux, les Français, et surtout les Françaises, se débattent.

Dans ce match entre «Body positive» et le «summer body», qui l’emporte ? L’acceptation des corps proclamée dans les discours, ou l’injonction au corps parfait ? Le mouvement body positive, combattant les canons formatés que les réseaux font défiler en boucle, a-til vraiment un impact sur le rapport au corps des Français(es) à l’ère du déferlement des
corps parfaits sur les réseaux ? Et plus largement, qu’est-ce qui a changé, dans le rapport des Français à leur poids, au cours des dernières décennies ? C’est à ces questions que cette enquête entend répondre.

Les chiffres clés

I. À l’ère des réseaux sociaux, le poids est une source de préoccupation beaucoup plus grande qu’il y a une cinquantaine d’années

  1. Le jugement que les Français(es) portent sur leur silhouette est beaucoup plus sévère qu’il y a trente ans : 61% des Françaises se trouvent aujourd’hui trop grosses, contre 41% en 2001 et 36% en 1997. Les hommes se trouvent aussi beaucoup plus gros (48%) qu’en 2001 (34%).
  2. Aujourd’hui, le mécontentement des Françaises envers leur poids est presque deux fois plus fort (63%) qu’il y a une trentaine d’années (37% en 1998). L’insatisfaction à l’égard de son poids est, certes, moins forte dans la gent masculine mais elle est partagée par un homme sur deux (47%).
  3. Le ventre est de loin la principale source de complexes des Français(es). Mincir du ventre est ainsi une aspiration trois fois plus forte aujourd’hui (76%) qu’il y a une cinquantaine d’années (28% en 1979), et ceci autant chez les hommes que chez les femmes.

 

II. L’arrivée des vacances d’été provoque chez les Français(es) un élan de motivation pour maigrir, en particulier chez les femmes

  1. L’été met deux fois plus de Français en « alerte minceur » aujourd’hui (40%) qu’il y a une cinquantaine d’années (22% en 1979) tout en affectant beaucoup plus la gent féminine (47%) que masculine (33%).
  2. L’aspiration à maigrir avant les vacances est deux fois plus forte aujourd’hui (38%) qu’à la fin des années 70 (23%) tout en restant très genrée : près d’une Française sur deux (46%) souhaite perdre des kilos avant les vacances d’été, contre trois hommes sur dix (30%).
  3. Et cette aspiration à perdre des kilos avant les vacances d’été n’est pas l’apanage des femmes en surpoids : elle est aussi partagée par un tiers des Françaises ayant un IMC « normal » (33%) et même 13% des femmes ayant un poids inférieur à la normale.

 

III. Adopter une alimentation plus saine reste la solution minceur privilégiée avec le sport

  1. Si la plupart des Français souhaitant perdre leurs kilos avant l’été prévoient avant tout de se contenter de manger plus sainement (85%), près de la moitié (47%) envisagent aussi de faire un régime strict, en particulier les femmes (50%, contre 43% des hommes).
  2. Près des trois quarts des Français souhaitant perdre leurs kilos avant l’été prévoient quant à eux de faire du sport, de la gym ou de la musculation (71%), notamment dans les strates les plus jeunes, les plus aisées et les plus diplômées de la population.
  3. La prise de médicaments de type GLP-1 est envisagée par 10% des Français(es) souhaitant perdre leurs kilos ; chez les femmes, cette option a le vent en poupe chez les jeunes (14% de la Gen Z) et les adeptes quotidiennes de contenus beauté (21%) ou d’influenceurs fitness (19%).

 

IV.Le soutien au body-positivisme et l’addiction au contenu « beauty/fitness » des réseaux sociaux sont loin d’être des comportements antinomiques

  1. L’exposition des jeunes à des images de corps formatés sur les réseaux est massive : 66% des femmes de moins de 35 ans y consultent des contenus beauté, 62% des comptes d’influenceurs sport et 51% des images de corps « parfaits » auxquelles elles veulent ressembler.
  2. Beaucoup plus forte chez les femmes (67%) que chez les hommes (55%), cette attention à son poids va de pair avec une consultation régulière de contenus « beauty » ou d’images de corps « parfaits » (88% chez les amateurs quotidiens, contre 68% des non-amateurs).
  3. Le soutien au mouvement « body positive » est mitigé (52%), sauf chez les plus jeunes (74%). Mais ce soutien n’est pas antinomique avec une fréquentation intense des réseaux : les valeurs du body-positivisme sont partagées par 81% des femmes visionnant des contenus beauté quotidiennement, contre 50% des femmes n’en visionnant jamais.