Sérénité numérique : le regard de Jonathan Leyva, PDG de Konica Minolta

Ensemble avec
  • Occurrence
  • Affaires publiques
  • FR

6 min de lecture

À l’occasion de la publication du baromètre sur la « sérénité numérique », réalisé avec Occurrence, le Groupe Ifop donne la parole à Jonathan Leyva, PDG chez Konica Minolta Business Solutions France.

Dans cet entretien, il revient sur la genèse de cette collaboration, partage les enseignements clés sur la maturité numérique des PME et ETI, et décrypte les nouveaux défis auxquels font face les dirigeants. Entre pilotage, résilience et montée en compétences, il esquisse les conditions pour transformer le numérique en levier maîtrisé et durable de performance.

Jonathan Leyva, PDG de Konica Minolta

“La sérénité numérique, c’est précisément ce moment où la technologie cesse d’être subie pour devenir pleinement pilotée.”

Jonathan Leyva
PDG de Konica Minolta

Question 1 : Vous avez choisi de construire ce travail sur la « sérénité numérique » avec Occurrence. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’ouvrir ce chantier à deux voix et quel message vouliez-vous porter aux dirigeants : en particulier dans la technologie, de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de « sérénité » ?

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’ouvrir ce chantier ?

Konica Minolta a profondément transformé son métier pour accompagner les entreprises bien au-delà de l’impression, avec des solutions numériques globales. Mais une conviction guide notre action : le numérique n’est pas qu’une question de technologie, c’est d’abord une question de pilotage, d’usages et de décisions.

En regardant de plus près, nous avons fait un constat simple : beaucoup de discours, mais peu de données utiles, et surtout une vision trop centrée sur les grandes entreprises. Or, la réalité, ce sont les PME qui font l’économie française.

Nous avons donc voulu leur redonner la parole. C’est tout le sens de ce baromètre, construit avec Occurrence (groupe Ifop), pour apporter une lecture claire, indépendante et ancrée dans le réel. Année après année, nous avons élargi le regard — aux ETI, à de nouveaux secteurs, et désormais à la santé et au social — pour mieux refléter la diversité des trajectoires numériques.

Au fond, notre ambition est simple : sortir du discours anxiogène autour du numérique. Face à l’accélération permanente, nous avons voulu remettre au centre une idée clé : la « sérénité numérique ».

 

Quel message voulez-vous porter aux dirigeants ?

Le numérique est devenu incontournable pour les dirigeants : il représente à la fois un formidable levier d’opportunités et une source de pression face à la complexité croissante des choix à opérer et des investissements à engager.

Notre message est simple : la transformation numérique ne se réduit pas à la technologie. Elle repose sur des décisions stratégiques, des priorités assumées et la capacité à embarquer les équipes dans la durée.

Aujourd’hui, la différence ne se fait plus sur l’accès aux outils technologiques, mais sur la capacité à les maîtriser.

Il est également essentiel de rappeler aux dirigeants qu’ils ne sont pas seuls face à cette complexité. La sérénité numérique ne se décrète pas : elle se construit, à travers le pilotage, les outils, mais aussi les choix et les partenaires avec lesquels on avance.

 

En particulier dans la technologie, de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de « sérénité » ?

Quand on parle de sérénité dans la technologie, il ne s’agit ni de confort, ni simplement de simplicité d’usage. Il s’agit avant tout de maîtrise.

Maîtrise d’un environnement devenu plus complexe, plus rapide, plus exposé. Maîtrise des choix, des priorités, des risques.

La sérénité numérique, c’est précisément ce moment où la technologie cesse d’être subie pour devenir pleinement pilotée.

C’est la capacité, pour un dirigeant, de savoir où il va, de faire des choix éclairés, de sécuriser ses données, d’embarquer ses équipes — sans subir une pression permanente ni avoir le sentiment de courir après le numérique.

 

Question 2 : On a beaucoup parlé de « transformation digitale » ces dernières années. Si vous prenez un pas de côté, qu’est-ce qui a changé dans la nature du défi : est-on passé d’un enjeu d’équipement et d’outils à un enjeu de continuité, de résilience et de capacité collective à avancer ?

Oui, clairement. La transformation digitale n’est plus un sujet d’équipement, mais de capacité à durer.

Le numérique est devenu une condition de continuité : il engage la résilience, la sécurité et la capacité des entreprises à s’adapter dans un environnement instable.

La vraie question n’est plus « sommes-nous équipés ? », mais « sommes-nous prêts ? » — face aux cyber-risques, à l’IA, aux évolutions réglementaires ou aux tensions sur les compétences.

Nous sommes passés d’une logique d’outils à une logique de maturité, qui se joue autant dans la gouvernance, l’organisation et l’alignement des équipes que dans la technologie.

Aujourd’hui, la transformation numérique est avant tout un enjeu de résilience et de pilotage.

 

Question 3 : Si vous deviez donner un cap aux dirigeants de PME et d’ETI pour les 2–3 prochaines années, quel serait le triptyque de priorités pour gagner en sérénité (dans les décisions, l’organisation, les compétences) et quelle responsabilité les acteurs du numérique doivent-ils assumer pour rendre ce cap tenable ?

Si je devais tracer une direction pour les deux à trois prochaines années, elle s’articulerait autour de trois priorités.

D’abord, structurer une vraie gouvernance du numérique. Aujourd’hui encore, trop d’entreprises se disent sereines sans stratégie formalisée. Or, la sérénité ne peut pas reposer sur une impression : elle se construit avec une feuille de route claire, des priorités et un pilotage au bon niveau.

Ensuite, renforcer la sécurité et la continuité d’activité. Le numérique est désormais au cœur de la performance : cybersécurité, conformité, dépendances technologiques… Ce sont devenus des sujets de solidité, plus seulement d’efficacité.

Enfin, investir dans les compétences. La transformation ne se joue pas dans les outils, mais dans la capacité des équipes à les comprendre et à les utiliser. L’IA en est un bon exemple : l’enjeu n’est plus l’adoption, mais l’adoption avec cadre.

Et cela pose clairement la responsabilité des acteurs du numérique. Leur rôle n’est plus seulement d’équiper, mais d’accompagner : aider à décider, à structurer, à sécuriser. En un mot, rendre la transformation réellement tenable.

Au fond, le bon triptyque, c’est : mieux décider, mieux protéger, mieux embarquer. Et notre responsabilité collective, c’est de rendre ce cap atteignable.