Le 3ᵉ Baromètre du tri des biodéchets, réalisé par le pôle Opinion du Groupe Ifop, explore les comportements et perceptions des Français face à la gestion de leurs déchets.
Dans cet entretien, Lucie Petrel, Directrice de la communication de Sepur, analyse les principaux enseignements de cette étude et partage ses recommandations pour accompagner efficacement les citoyens et les collectivités, en mettant en lumière les bonnes pratiques et les marges de progrès à privilégier.
“Il ne faut pas considérer les habitudes comme acquises. Les déchets représentent un enjeu majeur, tant par leur volume que par leur diversité, et nécessitent des modes de traitement adaptés à chaque typologie. L’approche régionale de ce baromètre offre une lecture plus fine des comportements, tenant compte des réalités locales.”
Lucie Petrel
Directrice de la communication de SEPUR
Question 1 : Pourquoi avoir souhaité prolonger ce baromètre pour une troisième année consécutive ? Quels étaient, pour cette vague, vos enjeux principaux en matière de connaissance des usages et de perception du tri ?
Ce baromètre a vocation à s’inscrire dans la durée afin d’être un repère pour le secteur et de fournir des données essentielles pour mieux appréhender le rapport des Français à un enjeu du quotidien que sont les déchets. Inauguré à l’occasion de l’obligation de tri des biodéchets, il apporte chaque année un éclairage précieux sur leurs comportements, mettant en lumière à la fois les efforts engagés, les bonnes pratiques et les marges de progrès. Il permet également d’analyser l’influence que le contexte politique ou économique peut avoir sur l’évolution de leurs habitudes.
À l’approche des élections municipales, notre objectif était de dresser un état des lieux et d’offrir aux collectivités une vision claire et détaillée de ce qui fonctionne et de ce qui déplaît, selon la perception des Français, mais aussi leurs attentes. Il ne faut pas considérer les habitudes comme acquises. Les déchets représentent un enjeu majeur, tant par leur volume que par leur diversité, et nécessitent des modes de traitement adaptés à chaque typologie. L’approche régionale de ce baromètre offre une lecture plus fine des comportements, tenant compte des réalités locales.
Question 2 : L’étude met en lumière des freins persistants sur le tri des biodéchets, notamment en zone urbaine, mais aussi une lassitude écologique chez certains publics. En quoi ces constats vous amènent-ils à réévaluer vos priorités ou à faire évoluer vos leviers d’action ?
Les chiffres mettent effectivement en évidence un recul du tri des biodéchets chez les Français. Cette évolution n’est toutefois pas alarmante, la loi étant entrée en vigueur il y a seulement deux ans. À titre de comparaison, le tri sélectif dans la poubelle jaune ne s’est pas mis en place du jour au lendemain. La démotivation écologique observée cette année dans le baromètre n’a rien d’une fatalité. D’autres sujets de préoccupation, comme le pouvoir d’achat par exemple, prennent le pas cette année dans l’esprit des Français.
Les collectivités ont tout intérêt à s’emparer pleinement du sujet des déchets et de s’appuyer sur l’accompagnement des opérateurs afin de déployer des solutions adaptées aux différents types d’habitat et aux spécificités des territoires. On l’oublie trop souvent : il n’est pas possible d’adopter la même approche en milieu rural que dans une agglomération dense.
L’information, comme la pédagogie, restent des leviers essentiels pour accompagner les citoyens et favoriser l’appropriation des bonnes pratiques.
Question 3 : Avec la montée des attentes en matière d’accompagnement et d’information et le rejet clair des instruments économiques de régulation des déchets (redevance incitative ou la TGAP) : Comment Sepur se projette-t-il pour répondre à ces nouvelles aspirations citoyennes en matière de gestion des déchets ?
C’est là toute la complexité, et parfois la contradiction, auxquelles les collectivités sont confrontées. S’ils se montrent demandeurs d’information, les Français considèrent surtout la gestion des déchets comme une mission de service public.
Cette réalité doit nous engager, en tant qu’opérateurs disposant d’une expertise à la fois technique et humaine, à accentuer nos efforts dans l’accompagnement des collectivités. Nos capacités de prospective et d’innovation doivent permettre aux collectivités de relever le défi de ce service public dans un équilibre financier maîtrisé.
Nous devons rester force de proposition. L’information et la prévention constituent un axe à part entière de nos réponses aux marchés, qu’il s’agisse du déploiement d’équipes d’ambassadeurs au contact direct des citoyens ou de la création, au sein des centres de tri que nous concevons, d’espaces pédagogiques dédiés. Ces lieux permettent d’accueillir des publics de tous âges afin de mieux comprendre les enjeux liés aux déchets et de rappeler pourquoi chaque geste compte.