À l’occasion d’un échange avec Romain Gavache, Directeur France de leDénicheur, nous revenons sur les principaux enseignements d’une étude consacrée à l’impact de la hausse des prix sur les achats high-tech, électroménager et gaming. Entre reports d’achat, arbitrages budgétaires et nouvelles habitudes de comparaison, il décrypte la manière dont les Français adaptent aujourd’hui leurs comportements de consommation.
Question 1 : Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation centrale, qu’est-ce qui vous a conduit à lancer cette étude sur l’influence de la hausse des prix dans les univers high-tech, électroménager et gaming ? Qu’aviez-vous besoin de mieux comprendre dans les comportements d’achat des Français ?
Le contexte global a une influence sur les prix de nombreux produits d’équipement, c’est un fait que nous avons également pu constater grâce à nos données. L’accès à certains produits coûte plus cher aux consommateurs. Nous voulions mesurer à quel point ces derniers ont conscience de ces évolutions et l’impact sur leurs décisions d’achat. Au-delà du constat sur les prix, nous voulions surtout comprendre comment cette inflation transforme concrètement les comportements : est-ce que les Français renoncent à s’équiper, reportent leurs achats ou changent simplement leur manière d’acheter ?
“Les Français ne renoncent pas massivement à s’équiper : ils arbitrent davantage. L’achat devient plus réfléchi et les priorités varient selon les contraintes de chacun.
”
Romain Gavache
Directeur France de leDénicheur
Question 2 : L’étude montre que les Français ne renoncent pas massivement à s’équiper : près d’un sur deux a acheté au moins un équipement au cours des six derniers mois. Mais elle révèle aussi que 30% ont reporté ou abandonné au moins un achat, avec des arbitrages particulièrement visibles chez les moins de 35 ans, les foyers avec enfants et les catégories populaires. Selon vous, que dit ce double mouvement ?
Il existe des équipements nécessaires et des équipements de confort : une nouvelle machine à laver n’a pas les mêmes enjeux qu’une nouvelle console de jeu, même s’il existe bien sûr de nombreuses situations intermédiaires. Par ailleurs, les consommateurs n’ont pas tous le même budget ni la même nécessité de reporter ou non leurs achats. Notre étude montre surtout que les Français ne renoncent pas massivement à s’équiper : ils arbitrent davantage. L’achat devient plus réfléchi et les priorités varient selon les contraintes de chacun. Les moins de 35 ans, les foyers avec enfants ou encore les catégories populaires sont logiquement ceux qui doivent faire les arbitrages les plus importants.
Question 3 : L’étude montre que les consommateurs ne cherchent plus seulement à acheter moins cher, mais à reprendre le contrôle de leur décision d’achat : ils comparent, attendent le bon moment, suivent les prix, se tournent parfois vers le reconditionné… Comment cette évolution peut-elle transformer, selon vous, la relation entre les marques, les distributeurs et les consommateurs dans les prochains mois ?
C’est une bonne nouvelle, le consommateur reprend le pouvoir. Des consommateurs raisonnables et éclairés comparent davantage les offres et attendent plus de transparence de la part des vendeurs. Ils ne cherchent plus seulement le prix le plus bas : ils veulent être certains d’acheter au bon moment et au bon prix. Pour conserver leur crédibilité et leurs clients, les enseignes devront être réellement compétitives sans abuser de certaines techniques commerciales et marketing. Les comparateurs de prix, le suivi des prix ou encore la seconde main et le reconditionné deviennent ainsi des outils essentiels pour aider les consommateurs à garder la maîtrise de leur budget.