En juin, l’Ifop a interrogé 3007 Français pour LNA Santé sur le système de santé. Le constat est sans appel : 2027 sera la présidentielle de la santé.
La santé est la 4e préoccupation des Français pour le pays, à 28%, derrière la délinquance (32%) et l’immigration (30%), loin derrière le pouvoir d’achat (52%). Et La santé sera le deuxième sujet de vote pour 2027 (37%), encore loin derrière le pouvoir d’achat (60%) mais devant l’immigration (33%).
63% des Français éprouvent de l’inquiétude face au système de santé actuel, 26% de la colère. Et pour l’avenir du système de santé, ces chiffres restent élevés : 64% d’inquiétude, 23% de colère. Pourtant, les Français ne sont pas résignés, ni concernant la situation actuelle (9%), ni pour l’avenir du système (7%).
Ils sont plus de huit sur dix (85%) à penser que le système de santé a besoin de profondément se transformer pour ne pas craquer, et deux tiers (64%) estiment que le système de santé ne rend pas un service à la hauteur de l’investissement de la Nation. En outre 87% sont inquiets de la capacité de la France à financer durablement son système de santé et la prise en charge du grand âge, une inquiétude qui va croissant avec l’âge. Les électeurs ont une vraie attente pour des mesures permettant de redresser le système de santé, sans dégrader l’accès aux soins, ni les conditions de travail du personnel soignant.
C’est l’accès au soin qui inquiète le plus : les délais de rendez-vous sont le sujet de santé le plus préoccupant pour les Français (38% d’entre eux), suivis par le coût des soins et le reste à charge, puis la saturation des urgences 30% également.
L’accès aux soins se fracture selon les territoires : seuls 56% des Français le jugent facile là où ils vivent, ils sont 68% en agglomération parisienne et seulement 41% en zone rurale.
Plus que jamais la santé sera donc un déterminant du vote : 57% des Français sont prêts à s’abstenir si aucun candidat ne leur parait crédible sur le sujet de la santé, 48% à ne pas voter pour un candidat dont ils se sentent pourtant proche en raison de ses propositions sur la santé, et 39% à voter pour un candidat dont ils ne se sentent pas proche politiquement.
La santé, longtemps facteur de consensus, devient une variable électorale de premier ordre pour 2027.