L’Ifop pour la Fondation pour l’école a réalisé une enquête permettant de dresser un état des lieux des attentes des Français à l’égard de l’institution scolaire.
Une forte attente de diversification et de liberté de choix
Première inflexion marquante : 64% des Français estiment qu’une diversification des types d’écoles – différentes pédagogies et styles éducatifs – contribuerait à faire reculer l’échec scolaire.
82% des Français considèrent qu’aujourd’hui, seules les familles aisées ont la possibilité effective de choisir l’école dans laquelle leur enfant sera scolarisé. De plus, près des deux tiers des Français (66%) souhaitent la mise en place par l’État d’un système permettant à chaque famille de financer la scolarité de ses enfants, quel que soit l’établissement choisi (bon scolaire, chèque éducation, crédit d’impôt).
Un plébiscite en faveur d’une gouvernance plus autonome des établissements
84% des Français sont favorables à ce que les directeurs disposent de pouvoirs renforcés en matière de discipline, d’organisation pédagogique et de gestion de l’équipe enseignante. Autant (84%) adhèrent à l’idée que le directeur puisse recruter son équipe de professeurs autour d’un projet éducatif partagé.
46% des Français confieraient cette mission à une agence indépendante réunissant les différents acteurs de l’éducation, quand 43% la maintiendraient au ministère de l’Éducation nationale. Seuls 11% des Français jugent acceptable le système actuel, reposant sur le bouche-à-oreille et quelques médias.
Une alliance éducative attendue par les parents
La relation entre l’école et les familles constitue un troisième chantier. Dans l’ensemble de la population, un tiers des Français (33%) se déclarent satisfaits de la qualité de la communication entre l’école et les parents, 32% insatisfaits, et 35% ne se prononcent pas.
77% des Français, et jusqu’à 90% des parents d’enfants scolarisés, se déclarent favorables à une augmentation de la communication entre l’école et les parents pour renforcer l’autorité des acteurs éducatifs et améliorer les apprentissages des enfants.
L’intelligence artificielle : une inquiétude majoritaire
66% des Français anticipent un impact négatif de l’intelligence artificielle, dont la moitié un impact très négatif (33%), pour seulement 18% qui anticipent un effet positif. Les parents d’élèves se montrent plus nuancés, sans se départir d’une majorité d’opinions négatives (56% contre 31% d’opinions positives). La fracture entre types d’établissement est ici saisissante : chez les parents d’élèves du public, les jugements positifs atteignent 35%, contre 21% seulement chez ceux du privé, dont 69% expriment au contraire une inquiétude. A noter que les parents de lycéens, confrontés le plus directement aux usages quotidiens de l’IA dans les devoirs, sont les plus positifs (37%).
Une demande d’égalité de traitement entre tous les élèves
76% des Français se déclarent favorables à ce que les dispositifs d’aide à la scolarité – transport scolaire, Pass Culture, bourses sur critères sociaux – puissent être attribués quel que soit l’établissement fréquenté (public, privé sous contrat ou hors contrat).
De même, 84% des Français se disent favorables à ce que les élèves en situation de handicap scolarisés dans le privé hors contrat, faute de places dans l’enseignement public, puissent bénéficier de la prise en charge par l’État d’un AESH.