Pas de trêve des confiseurs pour l’exécutif. Alors que janvier est souvent un mois d’apaisement et de retombées des mobilisations sociales, le nouveau baromètre Ifop-JDD enregistre un effritement de ses cotes de popularité: -1 pour le président, -2 pour le Premier ministre.
Avec 30% seulement de satisfaits (-1) et 70% de mécontents (+1), dont 33% de « très » mécontents, Nicolas Sarkozy frôle son précédent record d’octobre 2010: 29% de satisfaits et 80% aussi de mécontents; ce record aurait même été battu si le baromètre de l’Ifop n’avait pris en compte que la dernière semaine (28%). Le président est minoritaire dans toutes les catégories (65 ans et plus y compris: 44%-56%) sauf chez les sympathisants UMP (76%-24%). Son recul est sensible chez les salariés du service public (-3) et fort chez les employés (-8). Au-delà de ceux de gauche, les sympathisants du Modem (80%-20%) et du FN (74%-25%) se disent massivement insatisfaits.
A l’origine de cette stabilisation au plus bas, un épuisement général (« On n’en peut plus ») et une mise en cause particulière (« l’attitude de la France à l’égard de la Tunisie). Les personnes interrogées déclinent les hausses de prix et répètent à satiété: « Tout augmente sauf les retraites. » Même les sympathisants UMP évoquent ce thème et, mettant en cause la gouvernance sarkozyenne, l’un d’entre eux évoque « plutôt que des décisions précises, des petites phrases et des ‘m’as-tu-vu’; par exemple dès qu’il y a une affaire qui sort, il dit qu’il va créer une commission et s’en occuper. » Un autre UMP résume: « Ma satisfaction va en dégradation depuis un certain temps; c’est un ressenti que j’ai par rapport à la situation politique. » Naturellement, mais à la marge et surtout à gauche, les maladresses de la communication gouvernementale sur les évènements de Tunisie n’arrangent rien. Ainsi évoque-t-on « la manière dont la France a géré la politique en Tunisie et la complaisance vis-à-vis de Ben Ali », « la France s’est exprimée tardivement et les propos tenus étaient inquiétants », « la France n’a pas pris la mesure des aspirations du peuple tunisien ». Tout se passe comme si le soutien prolongé à Ben Ali avait réveillé les souvenirs du Fouquet’s et la thématique des petits contre les gros.
Avec 49% de satisfaits (-2) et 50% de mécontents (+2), François Fillon retourne à son tour dans le rouge, mais il conserve le soutien de 65% des plus de 65 ans et de 59% des retraités.
Ainsi c’est un président au plus bas qui s’apprête à faire face aux prochaines élections cantonales, déjà promises à un abstentionnisme record. Comme pour les élections régionales, tout indique qu’elles s’ajusteront plutôt sur la cote du président que sur celle du Premier ministre.