Les Français et le pouvoir d’achat

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13.10.26

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Alors que le coût de la vie pèse sur les budgets des ménages et s’impose comme un enjeu central de la campagne présidentielle de 2027, l’Ifop a mesuré pour Vae Solis, en partenariat avec Le Figaro, le regard des Français sur leur pouvoir d’achat. L’enquête révèle un malaise largement partagé : une dégradation ressentie du pouvoir d’achat, des restrictions qui touchent jusqu’aux besoins essentiels et des attentes politiques traversées par de profondes fractures sociales.

Le pouvoir d’achat occupe une place majeure dans la perspective du scrutin présidentiel : 90 % des électeurs déclarent qu’il sera important dans leur choix de vote, dont 49 % qui le jugent « tout à fait important ». Cette préoccupation mobilise cependant les différents électorats avec une intensité inégale. Elle est « tout à fait importante » pour 61 % des sympathisants LFI comme du RN, contre 41 % chez les sympathisants LR, 35 % au PS et 32 % chez Renaissance. Ces écarts renvoient notamment à l’ancrage de LFI et du RN dans les catégories populaires, où les difficultés de fin de mois s’accompagnent d’un sentiment de déclassement.

Le sentiment de dégradation dépasse toutefois ces deux camps politiques. 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué au cours des douze derniers mois, dont 35 % « beaucoup ». Cette proportion atteint 75 % dans la catégorie modeste comme dans la classe moyenne inférieure, mais concerne également 53 % des personnes de la catégorie aisée. Même chez les sympathisants Renaissance, 57 % déclarent une baisse de leur pouvoir d’achat. Une inquiétude commune se dessine donc, sans recouvrir partout les mêmes difficultés matérielles.

Cette perception s’accompagne d’un pessimisme durable : 85 % des Français considèrent l’inflation comme structurelle et durable, tandis que 92 % estiment que le travail ne paie pas suffisamment par rapport au coût de la vie, dont 60 % qui en sont tout à fait convaincus.

Les contraintes financières se traduisent par des renoncements concrets. Au cours des douze derniers mois, 39 % des Français ont souvent acheté des produits alimentaires moins chers ou de moindre qualité, 37 % ont souvent renoncé à partir en vacances et 36 % ont souvent réduit le chauffage ou leur consommation d’énergie. Les restrictions ne se limitent donc pas aux loisirs : 20 % ont souvent renoncé à des soins médicaux ou dentaires ou les ont reportés, et 12 % ont souvent sauté un repas, pour des raisons financières.

Ces difficultés sont particulièrement présentes chez les sympathisants LFI et RN. Le renoncement ou le report fréquent de soins concerne 29 % des sympathisants LFI et 26 % de ceux du RN, contre 6 % chez Renaissance. Les écarts sont encore plus marqués concernant les repas sautés faute d’argent : 44 % des sympathisants LFI, 35 % de ceux du RN et 4 % chez Renaissance déclarent l’avoir fait souvent ou de temps en temps au cours de l’année. Le pouvoir d’achat ne constitue ainsi pas seulement un sujet de débat politique : il détermine directement les arbitrages du quotidien, jusque dans la possibilité de se nourrir et de se soigner.

Face à ces attentes, Marine Le Pen bénéficie de la plus forte crédibilité parmi les personnalités testées : 41 % des Français la jugent capable d’améliorer leur pouvoir d’achat si elle remportait la présidentielle, devant Édouard Philippe à 29 %, Bruno Retailleau et Gabriel Attal à 26 %, puis Jean-Luc Mélenchon à 23 %. Cette crédibilité dépasse son propre camp, puisque 54 % des sympathisants LR lui prêtent cette capacité, même s’ils sont davantage convaincus par Bruno Retailleau, à 74 %, et Édouard Philippe, à 56 %. À gauche, Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une forte adhésion chez les sympathisants LFI, à 90 %, mais ne convainc que 30 % de ceux du PS. Une préoccupation économique largement partagée ne débouche donc pas sur une confiance politique uniforme. Ces résultats portent sur la capacité supposée à améliorer le pouvoir d’achat, et non sur des intentions de vote.

Les Français et le pouvoir d’achat