Les Français et la condition animale à 1 mois des élections municipales

Ensemble avec

23.02.26

  • Ifop Opinion
  • Affaires publiques
  • FR

4 min de lecture

Dans un contexte où la campagne des municipales bat son plein, et où les incertitudes sont totales dans certaines grandes villes (Paris, Marseille, Toulon…), l’Ifop observe de fortes attentes des Français à l’égard de leur prochaine municipalité, en premier lieu la sécurité et l’offre de soin, très liées aux sources d’inquiétudes des Français (lutte contre le « narcotrafic », dégradation perçue de l’hôpital public, déserts médicaux…). Les maires sont ainsi  aujourd’hui attendus sur de nombreux domaines d’actions, pâtissant d’une crise de résultats des politiques à l’échelle nationale, et la condition animale ne fait pas figure d’exception…

A. La condition animale : thématique perçue comme majeure par les Français pour l’action des municipalités

Près de la moitié des Français (51%) considèrent que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient susceptibles de les inciter à voter pour lui.

Nous observons des écarts en fonction de l’âge : les jeunes (67% des moins de 35 ans) y sont davantage sensibles que les séniors (41%), au même titre que les « possesseurs d’animaux de compagnie » (63% contre 37% chez les Français ne possédant pas d’animaux de compagnie). Notons qu’il n’existe pas de différence en fonction du lieu géographique, ou encore en fonction du niveau de diplôme.

Outre les variables sociodémographiques, des clivages se font jour en fonction de la proximité partisane. 66% des sympathisants de gauche (dont 74% auprès de LFI et des Ecologistes) considèrent que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient susceptibles de les inciter à voter pour lui, contre 35% chez les proches des Républicains et 51% chez les sympathisants du Rassemblement national.

Une majorité de Français (58 %) jugent également « l’intégration de l’animal en ville et l’amélioration de la condition animale » importante voire prioritaire pour leur municipalité.

Cette opinion est majoritaire dans toutes les catégories d’âge, avec des résultats plus élevés parmi les jeunes (63% chez les moins de 35 ans). L’importance de la thématique est transpartisane, avec des résultats plus élevés chez les sympathisants LFI (61%) et surtout écologistes (71%), ce qui s’explique par la structure plus jeune et urbaine de ces partis, mais également par une plus grande sensibilité aux questions environnementales. Les « possesseurs » d’animaux de compagnie sont également surreprésentés (67%).

Notons qu’il existe un noyau dur d’un Français sur cinq pour qui la thématique a une grande importance avec 18% qui affirment que la thématique aura « tout à fait » de l’importance dans leur vote.

B. Le maire – acteur de proximité et de confiance pour la condition animale – est attendu par les Français pour développer des projets et des initiatives

Les municipalités – acteurs locaux et de confiance – répondent à cette attente élevée des Français en matière de condition animale, puisque 76% d’entre eux sont satisfaits du travail de leur municipalité sur le sujet.

Bien que la satisfaction soit majoritaire partout, nous observons des écarts générationnels : 63% des 18-24 ans se déclarent satisfaits, contre 77% chez les 65 ans plus.

Cette « insatisfaction » plus élevée des 18-24 ans suggère que le noyau dur des soutiens de la condition animale est non seulement plus exigeant vis-à-vis des candidats, mais aussi vis-à-vis de l’équipe municipale sortante.

Malgré cette forte satisfaction, les municipalités sont attendues par les Français pour développer des projets et des initiatives. Toutes les mesures testées dans notre enquête recueillent l’approbation d’une très grande majorité de Français. Les mesures concernant les animaux errants sont les plus populaires (88% d’adhésion pour « l’amélioration de la gestion des animaux errants » et 85% pour la stérilisation des chats errants), montrant qu’en dépit d’une satisfaction globale, les municipalités ont encore des axes d’amélioration dans la gestion de cette problématique.

L’attente des Français est moins importante pour la nomination d’un élu municipal référent à la condition animale (65%), mais reste très nettement majoritaire.

Cette mesure est davantage soutenue par les possesseurs d’animaux de compagnie (75%) que chez les non-possesseurs (54%).

C. Les Français souhaitent que la cause animale soit davantage mise en avant dans la campagne des élections municipales

Preuve de cet intérêt pour la cause animale, les Français attentent que les candidats parlent davantage de la condition animale. Une majorité de Français (57% en général et 58 % dans leur ville) trouvent en effet que les candidats ne parlent « pas assez », voire « pas du tout », de ce sujet.

Ce manquement perçu est plus important chez les 18-24 ans (73% contre 51% chez les 65 ans) et parmi les sympathisants écologistes (77%).

Nous observons également des écarts en fonction du genre : 51% des hommes estiment qu’on ne parle pas assez de la condition animale dans sa ville durant la campagne des municipales, contre 64% parmi les femmes.