Le regard des Français sur la classification à l’extrême-gauche de La France insoumise

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16.02.26

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Paris, le 15 février 2026 – Suite à la polémique suscitée par la décision du ministère de l’Intérieur de classer La France insoumise à l’extrême-gauche pour les élections municipales de 2026, l’Ifop a interrogé les Français sur leur perception de ce classement pour Fiducial et Sud Radio. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de plus de 1500 Français, cette enquête montre que ce classement suscite dans l’opinion un consensus qui isole LFI au sein même de la gauche.

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Dans une circulaire du 2 février 2026 concernant les nuances politiques des candidats pour les élections municipales, le ministère de l’Intérieur a classé pour la première fois La France insoumise (LFI) dans le bloc « extrême gauche », aux côtés du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), de Lutte ouvrière ou du Parti ouvrier indépendant. La France insoumise a immédiatement contesté cette classification et **annoncé un recours devant le Conseil d’État**, accusant le gouvernement de tenter de mettre le mouvement « sur le même plan que le Rassemblement national ».

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PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

 

  1. Le classement du ministère de l’Intérieur suscite un large assentiment de l’opinion : 70% des Français trouvent justifié le classement de La France insoumise à l’extrême-gauche, contre à peine 30% d’entre eux pensant le contraire. Ce niveau d’adhésion place cette décision administrative dans la catégorie des mesures de politiques publiques bénéficiant d’un large soutien populaire.
  2. Le classement de LFI est largement soutenu par les électeurs de gauche: 65% des sympathisants socialistes et 71% des sympathisants écologistes le trouvent justifié, signe d’une fracture idéologique entre LFI et le reste de la gauche. Et le fait que près de la moitié des électeurs du Nouveau Front Populaire (49%) valide ce classement indique que LFI est perçue comme distincte du reste de la coalition électorale de 2024.
  3. L’opposition des leaders insoumis à cette décision ne fait pas l’unanimité dans leurs propres rangs : 40% de l’électorat mélenchoniste à la dernière élection présidentielle et un tiers des sympathisants insoumis actuels (34%) trouvent justifié ce classement.

 

Le pointe de vue de l’Ifop

 

Le recours annoncé devant le Conseil d’État apparaît dès lors comme une bataille juridique dont l’issue semble pour une grande part déjà tranchée dans l’opinion, notre étude montrant les limites d’une stratégie de radicalisation assumée mais potentiellement coûteuse : les arguments avancés par le ministère de l’Intérieur – refus du parlementarisme, appels systématiques à la censure – semblent validés par l’opinion publique, suggérant que la stratégie de LFI de se positionner en opposition frontale au « système » a un coût d’image considérable, comparable à celui longtemps supporté par le Rassemblement national. Avec autant de Français qui considèrent LFI comme un parti d’extrême-gauche, le mouvement risque donc de se heurter à un plafond de verre électoral similaire à celui que connaît le RN. Or, cette radicalité complique l’extension de l’audience électorale comme lors du second tour de la municipale anticipée Villeneuve-Saint-Georges (janvier 2025) qui avait vu un barrage anti-LFI faire échec à Louis Boyard dans une commune qui lui était pourtant sociologiquement favorable.