A) Les allergies : un phénomène massif encore insuffisamment reconnu
Longtemps associées à une gêne saisonnière ou à un inconfort passager, les allergies apparaissent aujourd’hui comme un phénomène de santé de grande ampleur. L’enquête menée par l’Ifop pour Stallergenes Greer met en évidence un paradoxe majeur : alors qu’elles concernent désormais une part considérable de la population française et affectent la vie quotidienne, les allergies demeurent encore insuffisamment reconnues comme un véritable enjeu de santé publique.
En 2026, 42% des Français déclarent souffrir actuellement d’au moins une allergie. Les allergies respiratoires figurent parmi les plus répandues : 27% des Français se déclarent concernés par une allergie aux pollens, et 12% par une allergie aux acariens, aux poils ou aux squames d’animaux.
Cette dynamique se retrouve aussi dans les perceptions. Plus d’un tiers des Français (37%) estime que les allergies sont aujourd’hui beaucoup plus fréquentes qu’il y a dix ans, un sentiment encore plus marqué chez les personnes allergiques (51%). Dans ce contexte, le changement climatique apparaît aux yeux des Français comme un facteur aggravant : 82% d’entre eux, et 86% des personnes allergiques, estiment qu’il aggrave la sévérité des allergies.
Pourtant, les allergies restent encore peu reconnues comme une vraie maladie. Alors que 83% des Français et 88% des personnes allergiques estiment qu’elles ont un impact important sur la qualité de vie, seuls 41% des Français considèrent qu’elles sont reconnues comme telles en France. Ce sentiment est encore plus faible chez les personnes allergiques, à 33%, et recule nettement par rapport à 2017.
C’est dans ce contexte que s’inscrit une forte attente d’action publique : 84% des Français et 88% des personnes allergiques se disent favorables à la mise en place d’un plan national de lutte contre les allergies.
B) Une banalisation qui pèse fortement sur le quotidien
Ce décalage entre l’ampleur du phénomène et sa reconnaissance alimente une forme de banalisation. Plus d’un Français sur deux (53%) et 58% des personnes allergiques considèrent qu’il faut apprendre à vivre avec son allergie.
Les conséquences sur le quotidien sont pourtant bien réelles. Au cours des douze derniers mois, 42% des personnes allergiques déclarent que leur maladie a eu un impact sur leur vie quotidienne. Sur l’ensemble de leur vie, 54% indiquent avoir déjà connu des troubles du sommeil liés à leur allergie, 38% des difficultés de concentration au travail ou à l’école et 30% ont renoncé à une sortie ou à une activité sociale.
Au-delà de ces répercussions concrètes, l’enquête met aussi en lumière une charge mentale plus silencieuse. Près d’un tiers des personnes allergiques (31%) déclarent avoir déjà omis de mentionner leurs allergies afin de ne pas être perçues comme contraignantes par leur entourage.
C) Un parcours de soins encore trop tardif, malgré une forte attente de prise en charge
Cette banalisation pèse également sur le parcours de soins : seule une personne allergique sur deux (51%) déclare avoir obtenu un diagnostic précis de ses allergies par un médecin. Et lorsque ce diagnostic intervient, il est souvent tardif : en moyenne 5,3 ans après l’apparition des premiers symptômes. Plus préoccupant encore, 21% des personnes allergiques déclarent avoir attendu plus de dix ans avant d’être diagnostiquées.
Ce retard n’est pas sans conséquence. Parmi les personnes ayant obtenu un diagnostic précis, 29% estiment que le délai avant ce diagnostic a aggravé leurs symptômes. Cette proportion atteint 40% lorsque le diagnostic intervient entre cinq et dix ans après l’apparition des premiers signes, et 46% lorsqu’il intervient au-delà de dix ans.
Pour autant, les personnes allergiques ne semblent pas résignées à simplement « vivre avec » leur maladie. Au contraire, 91% d’entre elles se déclarent prêtes à suivre un traitement agissant sur la cause de leur allergie.
Mais l’accès à ces solutions demeure encore limité. Si 84% des personnes allergiques ont déjà entendu parler de la désensibilisation, seules 48% voient précisément de quoi il s’agit, et seulement 23% indiquent que cette option thérapeutique leur a déjà été proposée par un professionnel de santé.
Retrouvez le communiqué de presse de Stallergenes Greer ici : press_release_enquete_ifop_juin_2026_fr_-_v8_revisee.pdf