Enquête auprès des DRH/RRH sur la transparence salariale
L’IFOP a réalisé en mars 2026 pour Deel une enquête sur la transparence salariale auprès des directeurs et des responsables des ressources humaines des entreprises privées de 50 salariés et plus de France métropolitaine.
Les principaux enseignements :
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, DRH et RRH portent un regard positif à propos de la directive européenne sur la transparence salariale et abordent avec confiance sa mise en application, leurs entreprises étant, pour la plupart, en avance dans leur préparation.
La grande majorité des entreprises sont prêtes à l’application de cette nouvelle directive : 8 DRH et RRH sur 10 considèrent que leur entreprise est en avance (82%), avec des DRH qui se montrent plus optimistes (92%) que les RRH (74%). De plus, un répondant sur deux affirme que son entreprise est déjà prête à appliquer cette directive et la presque totalité (98%) estime que son entreprise sera prête à la fin de l’année.
Par ailleurs, DRH et RRH approuvent très largement l’interdiction faite aux recruteurs de demander aux candidats leurs salaires précédents contenue dans la directive : 87% d’entre eux y sont favorables, dont 36% de « tout à fait favorable ». Les « tout à fait défavorable », très minoritaires (2%) sont plus nombreux dans les entreprises de 250 salariés et plus (5%).
La quasi-totalité des DRH et RRH (98%) entrevoient déjà plusieurs avancées liées à l’application de cette nouvelle directive. 6 sur 10 mentionnent la transparence offerte aux salariés et candidats (64%), la réduction des inégalités salariales à responsabilité équivalente (62%) et la réduction des inégalités salariales entre les femmes et les hommes (60%). Ils sont cependant une minorité à être convaincus par le fait que l’application de la directive puisse amener à des négociations de salaires (à l’embauche ou en revalorisation) simplifiées car encadrées (44%).
Bien qu’ils soient nombreux à anticiper ces avancées positives, la très grande majorité des RRH/DRH (92%) estime que l’équité salariale au sein de leur entreprise est bonne actuellement, dont 3 sur 10 qui l’estiment très bonne (31%). Ceux dont l’entreprise est en retard dans l’application de la directive sont néanmoins plus négatifs sur cet aspect de leur entreprise : un quart d’entre eux (25%) estime que l’équité salariale y est mauvaise contre 8% pour l’ensemble.
Malgré une opinion générale positive sur cette nouvelle directive et une confiance certaine dans la capacité de leur entreprise à s’y conformer, DRH et RRH relèvent aussi les défis et les difficultés auxquels ils doivent faire face dans son application.
Pour les DRH et RRH des entreprises dont l’entreprise n’est pas totalement prête, le risque de tensions internes liées à davantage de transparence (51%) et le coût potentiel des ajustements de rémunération sont les deux premiers freins évoqués (51%). Sont aussi cités le manque de visibilité sur les modalités précises d’application en France (41%) et la difficulté à classifier les niveaux de poste (37%), notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie (53%), mais moins dans celui du commerce (19%). Enfin, 35% citent l’absence d’outils adaptés pour piloter la conformité et 33% la difficulté à analyser et fiabiliser les données salariales.
DRH et RRH signalent aussi les différents défis qui se posent aux entreprises dans la mise en application de la directive, les plus importants étant la bonne gestion des négociations annuelles avec les salariés (43%), l’adaptation des outils RH pour répondre aux nouvelles obligations de reporting (42%) et la mise en place d’un suivi régulier des écarts de rémunération (39%), tous relevés par environ 4 DRH/RRH sur 10. A noter, l’harmonisation des pratiques de rémunération entre équipes, métiers ou pays (38%) préoccupe davantage les DRH (48%) que les RRH (30%).
Enfin, DRH/RRH se montrent plutôt optimistes en ce qui concerne la conséquence attendue de la directive sur la transparence salariale sur l’évolution des salaires : une majorité s’attend à ce que sa mise en œuvre entraîne une hausse des salaires (60%), mais une solide minorité (40%) pense au contraire qu’elle va entraîner une stagnation des salaires. Ce point de vue pessimiste sur les effets de la directive est davantage présent chez ceux dont l’entreprise est en retard dans l’application de la directive (55%) et ceux qui sont défavorables à l’interdiction de demander aux candidats leurs salaires précédents (55%).
Retrouvez l’ensemble des résultats au format PDF dans les documents à télécharger.
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