À la veille du premier débat présidentiel, organisé par le MEDEF à Roland-Garros le 27 août 2026, cette nouvelle vague du baromètre de l’élection présidentielle Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio mettrait en lumière, à un peu plus d’un an et demi du scrutin, plusieurs évolutions notables des rapports de force, aussi bien à gauche qu’à droite.
Marine Le Pen arriverait en tête dans l’ensemble des sept configurations testées, recueillant entre 33% et 35% des intentions de vote, soit 13 à 17 points d’avance sur le candidat arrivé en deuxième position. Le pic enregistré début juillet ne se confirmerait toutefois pas complètement : dans les hypothèses où Edouard Philippe ou Gabriel Attal serait seul candidat du bloc central, elle passerait respectivement de 36% à 33% et de 36% à 34%. Ce léger reflux pourrait être interprété comme une dissipation partielle de l’effet de sa déclaration de candidature au cours de l’été, sans pour autant remettre en cause sa position largement dominante.
Le principal mouvement de cette vague viendrait de la gauche, et en particulier de Jean-Luc Mélenchon, crédité de 16% à 19% selon les hypothèses. Dans les configurations où Edouard Philippe ou Gabriel Attal représenterait seul le bloc central, le leader de LFI atteindrait 17%, contre respectivement 12% et 13% en juin, soit une progression de 4 à 5 points en deux mois. Cette dynamique pourrait même le placer en position de se qualifier pour le second tour dans trois des sept hypothèses testées. Dans les deux principales configurations de référence, l’ensemble Mélenchon-Roussel-Tondelier-Glucksmann représenterait désormais 35% à 38% des intentions de vote, ce qui constituerait un niveau inédit au regard des deux dernières séquences présidentielles de 2017 et 2022.
Cette progression de Jean-Luc Mélenchon ne lui assurerait néanmoins pas un leadership incontesté à gauche. Raphaël Glucksmann bénéficierait par ailleurs d’un effet lié à sa candidature annoncée le 23 août : dans l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche non-LFI, il recueillerait 15% à 17% des intentions de vote, soit seulement 1,5 à 3 points de moins que Jean-Luc Mélenchon. Un véritable match pour le leadership de la gauche pourrait ainsi se dessiner.
Au sein du bloc central, Edouard Philippe conserverait une avance sur Gabriel Attal, avec 18% des intentions de vote comme candidat unique, contre 14% pour Gabriel Attal. Ce dernier resterait néanmoins à un niveau proche de celui enregistré en juillet, où il recueillait 15%, et continuerait de rassembler une part importante de l’électorat macroniste : 64% des sympathisants Renaissance et 42% des électeurs d’Emmanuel Macron de 2022 le choisiraient dans cette configuration. En concurrence, Edouard Philippe et Gabriel Attal recueilleraient respectivement 14,5% et 8%. Edouard Philippe apparaîtrait ainsi, à ce stade, comme le candidat le mieux placé de cet espace politique, tandis que Gabriel Attal conserverait une assise électorale significative.
Enfin, Marine Le Pen resterait favorite dans chacune des six hypothèses de second tour testées. L’écart serait toutefois désormais très resserré face à Edouard Philippe (52% contre 48%), tandis qu’elle devancerait Gabriel Attal et François Hollande par 54%-46%, Raphaël Glucksmann par 55%-45%, Bruno Retailleau par 58%-42% et Jean-Luc Mélenchon par 67%-33%. Par rapport à juillet, Edouard Philippe gagnerait deux points, Gabriel Attal un point et Jean-Luc Mélenchon trois points face à Marine Le Pen. Ces résultats pourraient ainsi traduire un léger resserrement des rapports de force au second tour, sans remettre pour l’heure en cause l’avantage de la candidate du RN.