À l’occasion du Carrefour International du Bois 2026, Fibois Pays de la Loire s’est associé à Ifop marketing pour sonder les professionnels de la filière sur la conjoncture et leurs perspectives.
Si le contexte économique appelle à la prudence, le bois conserve un fort capital de confiance : 85 % des répondants le perçoivent comme un levier pour l’avenir et 77 % envisagent de développer de nouveaux marchés.
Géraldine Cesbron revient sur les enseignements de ce baromètre et les leviers qui permettront à la filière de transformer cette confiance en dynamique durable.
Géraldine Cesbron
Déléguée générale adjointe de Fibois Pays de la Loire et Commissaire générale du Carrefour International du Bois
À l’occasion du Carrefour International du Bois 2026, pourquoi était-il important pour Fibois Pays de la Loire de prendre le pouls des professionnels de la filière et de mieux comprendre leur perception de la conjoncture actuelle ?
Le Carrefour International du Bois constitue un observatoire privilégié de la filière. Il réunit à Nantes des entreprises françaises et internationales représentant l’ensemble des marchés du bois. Dans un contexte économique incertain, il nous semblait essentiel de compléter les données disponibles par la perception directe des dirigeants et des professionnels.
Ce baromètre nous permet d’objectiver les tensions, de mesurer le niveau de confiance des entreprises et, surtout, d’identifier leurs perspectives de développement. Pour Fibois Pays de la Loire, il s’agit d’un véritable outil d’aide à la décision : mieux comprendre les besoins des entreprises pour adapter nos actions, orienter nos partenariats et construire les prochaines éditions du Carrefour International du Bois au plus près des réalités du marché.
Au-delà de la photographie conjoncturelle, cette démarche traduit également la vocation du salon : être un lieu d’échanges, de réflexion et d’anticipation au service de toute la filière.
“La tension actuelle est réelle, mais elle n’efface ni la capacité d’innovation de la filière ni sa pertinence face aux grandes transitions en cours.”
Géraldine Cesbron
Déléguée générale adjointe de Fibois Pays de la Loire et Commissaire générale du Carrefour International du Bois.
Le baromètre montre une filière sous tension, notamment sur le marché français, mais aussi un véritable capital de confiance autour du matériau bois, perçu comme un levier par 85 % des répondants. Comment expliquez-vous ce contraste ?
Ce contraste reflète la différence entre une conjoncture difficile à court terme et des fondamentaux qui restent solides. Les entreprises subissent actuellement le ralentissement de certains marchés, notamment dans la construction, la hausse des coûts, la complexité réglementaire et une visibilité réduite sur les investissements. Cela nourrit légitimement de la prudence.
Mais, dans le même temps, le bois bénéficie d’atouts structurels majeurs. C’est un matériau renouvelable, qui stocke du carbone et répond pleinement aux enjeux de décarbonation, de souveraineté et de développement des territoires. Il dispose également d’un fort capital de confiance auprès des prescripteurs comme du grand public.
Les professionnels ne remettent donc pas en cause le potentiel du matériau. Ils expriment plutôt le besoin de créer les conditions économiques, réglementaires et industrielles permettant de transformer ce potentiel en commandes et en marchés. La tension actuelle est réelle, mais elle n’efface ni la capacité d’innovation de la filière ni sa pertinence face aux grandes transitions en cours.
Malgré cette prudence, 40 % des professionnels anticipent une hausse de leur activité à 12-18 mois et 77 % envisagent de développer de nouveaux marchés. Selon vous, sur quels leviers la filière devra-t-elle s’appuyer pour transformer ces intentions en dynamique durable ?
La filière devra d’abord renforcer sa capacité à se diversifier, en France comme à l’international. Le développement de nouveaux débouchés, l’export et la rencontre entre producteurs, transformateurs, prescripteurs et acheteurs seront déterminants. C’est précisément l’une des missions du Carrefour International du Bois : créer des opportunités commerciales concrètes et accélérer les mises en relation.
L’innovation constituera un deuxième levier essentiel : nouveaux usages, valorisation d’essences encore insuffisamment mobilisées, construction hors-site, solutions biosourcées, réemploi ou encore optimisation des procédés industriels.
Cette dynamique ne pourra être durable que si elle est collective. Entreprises, interprofessions, pouvoirs publics, centres techniques et organismes de formation doivent partager une vision commune, investir dans les compétences et rendre plus lisibles les solutions proposées par la filière.