La vague de juillet 2026 du baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio marque un net retournement après la dynamique favorable observée en juin : parmi les 49 personnalités déjà testées le mois précédent, 30 reculent, six restent stables et seulement treize progressent. Dans ce contexte de baisse générale, Michel-Édouard Leclerc (53 %, =) conserve la tête du classement. Il devance François Hollande (49%, +5), qui bondit de la huitième à la deuxième place, et Édouard Philippe (48%, +1), de retour sur le podium.
Le haut du classement est largement recomposé. Sébastien Lecornu (47%, +1) gagne deux rangs et se classe quatrième, juste devant Jordan Bardella (47 %, +4), qui réintègre le Top 5. À l’inverse, Dominique de Villepin (46%, -2, 6e) connaît un coup d’arrêt après plusieurs mois sur le podium. L’ancien Premier ministre demeure bien considéré à gauche, mais peine toujours davantage à droite, ce qui limite l’élargissement de sa cote d’opinion.
Avec 45 % de bonnes opinions, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde arrive directement en huitième position. Son profil apparaît particulièrement solide sur les questions économiques et rassurant auprès des électorats de droite et du centre : elle recueille 69% de bonnes opinions chez les sympathisants LR et 75% auprès de ceux de Renaissance. Cette popularité relativement équilibrée lui confère un potentiel politique, même si sa traduction dans le jeu présidentiel reste incertaine.
Au sein du bloc central, Édouard Philippe et Sébastien Lecornu sont les principaux bénéficiaires de la vague. Le premier retrouve le trio de tête et reste populaire parmi les sympathisants Renaissance, auprès desquels il atteint 95 % de bonnes opinions. À l’inverse, Gabriel Attal (42 %, -3, 11e) perd quatre places, portant l’écart avec Édouard Philippe de deux à six points en un mois. Emmanuel Macron demeure stable à 33%, mais continue de susciter un rejet très élevé : 66% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion de lui.
À droite, les évolutions sont contrastées. À la suite de l’annonce de sa candidature, Marine Le Pen (42%, +5) réalise l’une des plus fortes progressions du mois et remonte de la 27e à la 13e place. Bruno Retailleau (40%, -3, 17e) recule après son bond de juin, sans pour autant apparaître véritablement fragilisé. Le président des Républicains reste solide auprès de son socle : 73% de bonnes opinions chez les sympathisants LR, 53% parmi les seniors et 50 % chez les retraités. Il conserve également une capacité de débordement vers l’électorat du RN, où il atteint 57%. En revanche, Laurent Wauquiez (35%, -5) et François-Xavier Bellamy (30%, -5) subissent des baisses plus marquées.
Mais le principal enseignement politique de cette vague se situe à gauche, où se dessine progressivement un duel entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Avec cinq points supplémentaires, l’ancien président devient la première personnalité politique du classement. Sa progression repose sur une assise large : il recueille 60% de bonnes opinions auprès de l’ensemble des sympathisants de gauche, 72% chez ceux du Parti socialiste et 63% auprès des sympathisants Renaissance. Sa cote d’opinion s’établit également à 52% chez les moins de 35 ans et 56% parmi les 18-24 ans, montrant que son retour ne se limite pas aux électeurs les plus âgés.
Jean-Luc Mélenchon (36%, +2) poursuit parallèlement sa remontée. Après avoir gagné quatre points en juin, il progresse encore de deux points et gagne onze places, passant du 37e au 26e rang. Sa dynamique s’appuie avant tout sur les jeunes : il atteint 54% de bonnes opinions chez les moins de 35 ans et 65% parmi les 18-24 ans. Seul candidat potentiel déjà pleinement engagé dans une logique de campagne, il remobilise en outre son socle, avec 98% de bonnes opinions chez les sympathisants insoumis. Cette progression ne réduit cependant pas sa polarisation : 61% des Français ont une mauvaise opinion de lui, dont 41% une très mauvaise opinion.
Cette double progression contraste avec la baisse de Raphaël Glucksmann (34%, -5, 31e), qui ne parvient pas à capitaliser sur son meeting du 13 juin. Le leader de Place publique se retrouve désormais distancé par François Hollande, mais également par Ségolène Royal (43%) et Bernard Cazeneuve (40%). Alors qu’il devançait Jean-Luc Mélenchon de cinq points en juin, il se situe désormais deux points derrière lui.
Enfin, Éric Zemmour (27%) ferme le classement. Au-delà de son faible niveau de bonnes opinions, il se distingue surtout par l’intensité du rejet qu’il suscite : 69% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion de lui, soit le niveau le plus élevé du baromètre, devant Emmanuel Macron (66%) et Jean-Luc Mélenchon (61%).