Les pratiques de mobilité des Français et le potentiel du covoiturage au quotidien

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10.03.26

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Des modes de transport du quotidien encore centrés autour de la voiture mais qui se diversifient

Longtemps structurées autour de la voiture individuelle, les pratiques de mobilité du quotidien semblent traversées par une double dynamique : la persistance d’un usage dominant de la voiture, un mode de transport encore privilégié par 57% des Français pour les déplacements quotidiens, et  l’émergence d’un recours à des solutions alternatives, comme la marche (19%), les transports collectifs (12%), ou encore le vélo (5%). Le covoiturage demeure encore marginal avec 3% des Français déclarant y avoir recours au quotidien.

Bien que 43% déclarent disposer d’alternatives de qualité à l’utilisation de la voiture pour se déplacer, seule une minorité les utilise régulièrement (24%), signalant un décalage entre offre disponible et comportements effectivement adoptés. Une dynamique générationnelle vient cependant remettre en question ce modèle : les 18-24 ans paraissent bien plus adeptes des alternatives (37% vs 24% en moyenne).

Le covoiturage : un fort potentiel d’adhésion, notamment auprès des jeunes

Dans ce contexte, le covoiturage présente un potentiel d’adhésion notable : près d’un Français sur deux (44%) se dit prêt à covoiturer régulièrement pour ses déplacements quotidiens, une pratique encore peu ancrée mais largement légitimée, dont les représentations positives progressent plus vite que les usages. Les plus jeunes constituent le public le plus enthousiaste vis-à-vis de ce mode de transport (15% des 18-24 ans se disent certainement prêts à covoiturer VS une moyenne de 9%), tandis que, parmi les personnes déjà familières aux alternatives à la voiture, l’ouverture au covoiturage atteint 16%.

De leur côté, les lignes de covoiturage bénéficient aussi d’un accueil encourageant. Un tiers des Français en connaît déjà l’existence, et 55% se déclarent prêts à en utiliser si elles étaient disponibles près de chez eux. Là encore, les plus jeunes et les actifs se montrent les plus enthousiastes. Dans ce cas, la majorité opterait pour une alternance conducteur/passager, ce qui renouvelle la manière de penser la mobilité, cette dernière étant perçue plus comme un service partagé plutôt que relevant d’une responsabilité individuelle.

Un souhait de transformation des mobilités locales vers des solutions multimodales

Plus d’un Français sur deux souhaiterait bénéficier d’une ligne de covoiturage à proximité de son domicile (56%), et 64% aimeraient que les candidats aux municipales s’engagent pour leur déploiement, signe que la mobilité quotidienne est un enjeu politique non négligeable.

De même, l’articulation entre différentes solutions apparaît centrale : deux tiers des Français (65%) se disent prêts à moins utiliser leur voiture si plus de possibilités de transports (bus, train, ligne de covoiturage) sont accessibles à proximité. L’offre idéale prend ainsi la forme d’un écosystème intermodal, où le covoiturage vient s’ajouter aux autres formes de mobilité. Les modes de transports les plus facilement associés à une ligne de covoiturage sont la marche, citée par 40% des répondants, et les transports en commun, cités par 30%.

Le potentiel de l’incitation à l’usage des lignes de covoiturages pour changer les usages

Enfin, l’étude révèle que la présence d’une ligne de covoiturage pourrait avoir des effets concrets sur l’équipement automobile des Français: 36% des ménages détenteurs d’un véhicule seraient prêts à réduire le nombre de voitures dans leur foyer si une telle ligne existait près de chez eux, et 34% envisageraient même l’acquisition d’un véhicule électrique si des aides spécifiques étaient associées à l’usage d’une ligne de covoiturage. Ces indicateurs témoignent du potentiel à la fois économique, environnemental et culturel de l’incitation à l’utilisation du covoiturage.

Bien que les pratiques de mobilité changent lentement avec la prédominance de l’usage de la voiture, les représentations et les attentes révèlent une dynamique claire : la mobilité partagée gagne en légitimité et en désirabilité. Le covoiturage s’installe progressivement dans un imaginaire où la coopération quotidienne apparaît non plus comme une contrainte, mais comme une réponse aux défis économiques, sociaux et écologiques qui reconfigurent les mobilités contemporaines.

 

Lien de téléchargement des résultats : Sondage IFOP – Ecov – Janvier 2026.pdf