Les jeunes face aux risques auditifs 

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23.06.26

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L’usage généralisé des écouteurs et la fréquentation de lieux bruyants structurent aujourd’hui fortement le quotidien des jeunes : l’enquête JNA-IFOP 2024 Baromètre Acouphènes relevait qu’un adolescent sur cinq passe plus de 5 heures par jour avec un casque ou des écouteurs sur les oreilles. Dans ce contexte, l’enquête pour la Fondation pour l’audition met en lumière un décalage marqué entre une conscience théorique des risques auditifs et des comportements qui, dans les faits, demeurent très largement à risque.

Des connaissances réelles, mais traversées d’idées reçues qui banalisent le risque

Les jeunes apparaissent globalement bien informés : 94% reconnaissent que la perte d’audition peut survenir dès le plus jeune âge, 87% identifient correctement l’exposition au bruit comme la première cause de troubles auditifs et seuls 12% pensent encore qu’elle ne concerne que les personnes âgées. Plusieurs croyances erronées persistent toutefois et constituent autant de freins implicites à la prévention : 63% considèrent qu’un son n’est dangereux qu’à partir du moment où il devient douloureux, alors même que les dommages auditifs peuvent survenir bien avant. 28% sous-estiment l’effet cumulatif des volumes modérés, 20% pensent que l’on s’habitue au bruit et 19% qu’une audition abîmée peut se récupérer.

Des conduites à risque massivement répandues, concentrées sur l’usage des écouteurs

Plus d’un jeune sur deux (52%) reconnaît prendre des risques pour son audition, une conscience qui s’accroît avec l’âge (55% des 22-24 ans contre 48% des 15-18 ans) et culmine chez les bacheliers (62%). L’usage des équipements d’écoute personnels concentre les pratiques les plus exposantes : 65% utilisent souvent leurs écouteurs dans des environnements déjà bruyants, 64% écoutent de la musique pendant de longues durées sans pause, 58% à volume élevé et 57% augmentent le volume pour couvrir le bruit ambiant. Les comportements liés aux sorties (37% en concerts, soirées ou festivals sans protection) demeurent significatifs, et 28% des jeunes continuent à s’exposer à des sons forts même après avoir ressenti une gêne auditive.

Cette conduite à risque se conjugue à un environnement quotidien massivement bruyant : 59% des jeunes disent  être souvent confrontés à des situations particulièrement bruyantes et subies dans l’espace public, 56% dans les transports, 55% sur leur lieu de travail et 43% dans le cadre de leurs études. Des  contraintes environnementales qui relativisent l’idée d’une responsabilité strictement individuelle et plaident pour une articulation entre prévention comportementale et action sur les sources de bruit.

Une fragilisation déjà concrète et précoce de l’audition

Ces pratiques se traduisent par une exposition très précoce aux signes de fragilisation auditive. Deux tiers des 15-24 ans (67%) déclarent avoir déjà ressenti des sifflements ou bourdonnements à la suite d’une exposition au bruit, dont 16% « souvent ». La progression avec l’âge est nette – puisque cet indice croît de 60% chez les 15-18 ans à 75% chez les 22-24 ans – et la corrélation avec les conduites à risque s’avère particulièrement forte : 79% des jeunes qui se déclarent à risque rapportent ces symptômes, contre 52% parmi les autres.

Un attachement déclaré à la protection de l’audition et des enjeux largement perçus

Aujourd’hui, moins d’un jeune sur deux (47%) déclare avoir été exposé au cours des 12 derniers mois à des informations ou messages sur la santé auditive, dont seulement 12% de façon régulière.

Cette faible incidence des messages de prévention ne les empêche pas d’avoir parfaitement intégré la portée multidimensionnelle d’une perte d’audition : 92% estiment qu’elle nuirait au plaisir musical comme aux études/au travail, 91% à la vie sociale, 88% à la santé mentale et 85% à la concentration. Sur une échelle de 1 à 10, ils attribuent en moyenne une note de 7,5 à l’importance de protéger leur audition aujourd’hui (71% « importante », dont 35% « très importante »)  ; assez logiquement, les jeunes s’exposant à des risques y accordent moins d’importance que les autres (31% vs  39%).

Une forte propension à adopter les mesures d’évitement, plus nuancée sur le port de protections actives

Interrogés sur leur disposition à adopter davantage de comportements protecteurs, les jeunes manifestent une volonté notable, plus soutenue sur les gestes d’évitement que sur les initiatives actives : 90% se déclarent prêts à s’éloigner des sources de bruit, 88% à faire des pauses lors d’une exposition prolongée et 85% à limiter le volume d’écoute. En revanche, les comportements impliquant un équipement spécifique ou une démarche active suscitent une adhésion plus modérée : 71% seraient prêts à faire contrôler régulièrement leur audition et 68% à porter des protections en concert, en soirée ou en festival. Côté freins, deux raisons dominent largement : 48% craignent que la protection gâche le plaisir (musique, concerts, soirées) et 40% jugent les dispositifs peu pratiques.