Entre indifférence, déception et inquiétude, et malgré la proclamation de la victoire de Jean-François Copé, l’imbroglio consécutif à l’élection interne à la Présidence de l’UMP semble avoir quelque peu moins affecté François Fillon que son concurrent aux yeux de l’opinion.
Alors que les deux camps ne parviennent à pas à s’entendre pour trouver une solution et déboucher sur une sortie de crise, les Français sont dans le flou à l’issue de l’élection. Six personnes interrogées sur dix ne peuvent en effet se positionner sur la légitimité des positions des soutiens de François Fillon et de Jean-François Copé (58%). Pour autant, 35% considèrent que l’entourage de l’ancien Premier ministre a raison contre 7% seulement pour l’entourage du maire de Meaux. Auprès des sympathisants de l’UMP, le rapport est encore plus favorable à François Fillon. 44% d’entre eux jugent sa position légitime contre 12% penchant en faveur de Jean-François Copé et 44% ne sachant pas se positionner.
Afin de sortir de la crise dans laquelle l’UMP est plongée depuis le scrutin, les Français (73%), et notamment les proches du parti (88%), se déclaraient favorables à une intervention de médiation de la part d’Alain Juppé avant que celle-ci n’échoue finalement. L’hypothèse d’un nouveau vote est de son côté envisagée par une nette majorité de personnes (71%) et de sympathisants de l’UMP (67%), tandis que l’accueil réservé à la solution de régler les problèmes devant la justice est très mitigé. Les Français sont majoritairement défavorables à cette hypothèse (58%) et seuls 24% des soutiens de l’UMP jugent qu’il s’agit d’une bonne solution.
Les indicateurs mesurant la cote d’avenir des deux protagonistes de l’élection confirment les bénéfices perçus par François Fillon. 51% des Français souhaitent qu’il joue un rôle important au cours des prochaines années (+2), contre 29% pour Jean-François Copé (-3). Les évolutions sont plus significatives auprès des sympathisants de l’UMP. François Fillon, qui se situait déjà à un niveau au-dessus de Jean-François Copé, enregistre un reflux de 4 points, 86% des soutiens de l’UMP souhaitant qu’il joue un rôle au cours des prochaines années. La personnalité de Jean-François Copé suscite de son côté des avis partagés. 55% seulement des sympathisants de l’UMP souhaitent que son influence perdure au cours des prochaines années, ce qui traduit une baisse de 21 points par rapport à début novembre. La domination de François Fillon ainsi mesurée semble ainsi révéler un clivage net entre les sympathisants et les militants de l’UMP.
Les Français et les suites de l’élection interne à la présidence de l’UMP