Le regard des parents sur l’expérience scolaire de leur enfant à l’école élémentaire et au collège

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11.05.26

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Les conditions dans lesquelles les enfants vivent aujourd’hui leur scolarité s’inscrivent au croisement de plusieurs préoccupations pour les parents. Parmi elles, la question de l’égalité des chances à l’école est un sujet de tension : en 2025, seuls 52% des parents estiment qu’elle est assurée, tandis que 59% considèrent que de fortes inégalités territoriales persistent dans la qualité de l’enseignement*. Les enjeux liés au bien-être des élèves et au harcèlement scolaire occupent également une place importante : en 2023 comme en 2025, l’Ifop estimait que près d’un élève sur cinq était concerné par le harcèlement scolaire**. Enfin, la place du numérique dans le développement des enfants suscite elle aussi de fortes attentes et inquiétudes : en 2024, 96% des parents le considéraient comme un facteur majeur du développement de l’enfant, et 64% lui attribuaient des effets négatifs***.

Dans ce cadre, les parents d’enfants scolarisés en primaire et au collège apparaissent comme des témoins privilégiés de l’expérience scolaire de leur enfant. Cette étude a ainsi pour objectif d’analyser leurs perceptions et leurs pratiques en matière de vécu scolaire de leur enfant, d’accompagnement aux devoirs, de relations avec les enseignants et d’usages du numérique à l’école.

Un vécu scolaire perçu comme globalement positif, mais traversé par des inégalités sociales marquées

Les résultats mettent en évidence un rapport à l’école dans l’ensemble favorable : 90% des parents estiment que leur enfant a des amis importants pour lui à l’école, 86% qu’il s’y sent bien et 80% qu’il est généralement content de s’y rendre. La confiance dans la réussite scolaire demeure par ailleurs largement partagée, trois parents sur quatre (75%) considérant que leur enfant peut réussir malgré les difficultés qu’il peut rencontrer.

Ces perceptions masquent toutefois des clivages sociaux prononcés. La conviction que l’enfant peut réussir à l’école culmine à 34% (réponses « correspond très bien ») chez les parents estimant leur situation financière très bonne, contre seulement 21% parmi ceux en situation financière difficile. De la même manière, le sentiment que l’enfant doit fournir beaucoup d’efforts s’élève à 30% chez les inactifs et 27% chez les parents sans diplôme, contre seulement 8% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Enfin, les violences (physiques ou psychologiques) à l’école apparaissent comme une réalité loin d’être marginale : 43% des parents indiquent que leur enfant en a déjà été témoin et 32% qu’il en a déjà subies, tandis qu’un enfant sur cinq (20%) a déjà eu peur de se faire harceler sur les réseaux sociaux.

Des parents fortement mobilisés dans l’accompagnement des devoirs, mais une demande claire de soutien renforcé de la part de l’institution scolaire

Plusieurs indicateurs témoignent de l’implication des parents dans la scolarité de leur enfant :

üUne aide régulière largement répandue : 75% des parents déclarent aider régulièrement leur enfant à faire ses devoirs, une proportion qui s’élève à 49% (« correspond très bien ») pour les parents d’enfants en primaire, contre 25% au collège, ce qui peut traduire le gain en autonomie de l’enfant une fois rentré au collège.

üUne attente d’accompagnement institutionnel qui s’affirme : 46% des parents estiment que l’aide aux devoirs proposée à l’école devrait être renforcée pour leur enfant, et 64% pensent qu’un accompagnement aux devoirs à l’école serait bénéfique, une proportion plus largement partagée par les mères (30% « tout à fait » vs 20% chez les pères) et les inactifs (39% vs 18% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures).

Une relation au corps enseignant perçue comme bienveillante, mais un sentiment de dévalorisation ressenti par une part non négligeable d’enfants selon leurs parents

La relation entre les enseignants et les élèves est largement valorisée par les parents : 85% estiment que les enseignants parlent à leur enfant avec respect et bienveillance, 80% qu’ils l’encouragent et le soutiennent dans son travail, et 74% qu’ils l’aident suffisamment dans son apprentissage. La perception d’un lien de qualité entre enseignant et élève est particulièrement prégnante en primaire, où 40% des parents considèrent le fait que les enseignants s’adressent à leur enfant avec respect correspond « très bien » à la situation, contre 29% au collège.

Cette appréciation positive ne masque pas pour autant une fragilité persistante : 44% des parents déclarent qu’il arrive à leur enfant de se sentir dévalorisé lorsqu’il rencontre des difficultés dans son travail scolaire. Ce ressenti est nettement plus marqué dans les catégories sociales les plus modestes (20% « correspond très bien » dans les catégories pauvres, contre seulement 5% dans les catégories aisées) et est davantage exprimé par les mères (19% vs 9% chez les pères).

Une communication fluide avec l’établissement, mais une information sur le numérique jugée insuffisante

La communication avec l’établissement est globalement perçue comme satisfaisante : 84% des parents déclarent pouvoir facilement communiquer avec la direction, 79% estiment que les échanges d’informations sont réguliers et qu’un membre du personnel éducatif est disponible pour leur enfant. Cette fluidité est toutefois inégalement répartie, les parents d’élèves scolarisés dans le privé (42%) et ceux issus des catégories aisées (45%) déclarant plus fréquemment une communication aisée avec la direction que les parents d’élèves scolarisés dans le public (32%) ou des catégories modestes (29%).

En matière de numérique en revanche, l’enquête révèle une attente forte : si 64% des parents jugent que l’information dispensée à l’école sur les usages numériques correspond aux besoins de leur enfant, seuls 16% l’estiment « tout à fait » adaptée. Surtout, près de trois parents sur quatre considèrent que l’école devrait mieux les informer, tant sur les usages numériques pédagogiques proposés aux élèves (73%) que sur les risques liés au numérique, tels la désinformation, l’addiction ou encore le cyberharcèlement (72%). Ce double constat révèle un enjeu éducatif majeur dans un contexte où les pratiques numériques des enfants s’intensifient.

Dans un contexte marqué par l’attention portée aux conditions de scolarité de l’enfant, les résultats de cette étude montrent que, du point de vue parental, les élèves affichent globalement un bon niveau de confiance en eux dans leur parcours scolaire, sur fond d’adhésion soutenue des familles envers l’institution scolaire et le corps enseignant. Cette confiance s’accompagne d’un investissement parental important dans l’accompagnement de la scolarité des enfants. L’enquête met toutefois en lumière plusieurs marges de progression, notamment sur les questions d’égalité sociale face à la réussite, de prévention des violences scolaires, mais aussi d’information et de sensibilisation des familles aux enjeux du numérique.

 

(*) Etude réalisée par l’Ifop pour pour l’Ascenseur. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 2021 personnes représentatif de la population française âgée de 12 à 30 ans. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 26 septembre au 6 octobre 2025.

(**) Etude réalisée par l’Ifop pour pour Marion La Main tendue et Head & shoulders. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3015 personnes représentatif des jeunes scolarisés au collège et lycée. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 22 septembre au 1er octobre 2025.

(***) Etude réalisée par l’Ifop pour La Fondation pour l’Enfance. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1004 parents d’enfants de 0 à 10 ans, extrait d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 27 avril 2024.