Le regard des Français sur Alain Soral

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14.10.26

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Le regard des Français sur Alain Soral

L’actualité a remis le nom d’Alain Soral au centre du débat public, des révélations sur les écrits supposés de jeunesse de Jordan Bardella jusqu’à la procédure de dissolution engagée contre Égalité et Réconciliation.

Dans ce contexte, l’Ifop, pour Franc-Tireur, a mené une enquête auprès d’un échantillon de 3 092 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, afin de répondre aux questions suivantes : qui connaît Alain Soral ? Qui adhère à ses idées, regarde ses contenus et se dit influencé par lui ? Et quel rapport ce public entretient-il avec l’antisémitisme ?

Cette enquête dresse, pour la première fois, le portrait de l’audience d’Alain Soral et le profil de ses partisans. Elle met en évidence un contraste : figure marginale dans l’opinion (6 % des Français se disent proches de ses idées), il exerce en revanche une influence réelle sur les plus jeunes. Parmi les 18-24 ans qui le connaissent, près d’un sur deux a regardé ses vidéos, tandis qu’un sur trois se dit proche de ses idées et déclare qu’il a influencé son intérêt pour la politique.

L’étude établit aussi un lien très net entre la proximité avec Alain Soral et le rapport à l’antisémitisme : si 13 % des Français reconnaissent avoir en eux une part d’antisémitisme, cette proportion atteint 32 % parmi les Français proches des idées d’Alain Soral et 49 % chez ceux qui s’en disent « très proches ».

CHIFFRES CLÉS

  1. Une notoriété significative et socialement très marquée

 

  • 43% des Français déclarent connaître Alain Soral, ne serait-ce que de nom, et 23% voient précisément de qui il s’agit. Sa notoriété est d’abord masculine (52% des hommes, contre 34% des femmes), diplômée (61% des titulaires d’un 2e ou 3e cycle, contre 32% des non-diplômés) et francilienne (54% dans l’agglomération parisienne, contre 35% en zone rurale).

 

  1. Une adhésion marginale… sauf chez les plus jeunes

 

  • Parmi ceux qui le connaissent, 13% se disent proches de ses idées politiques (dont 2% « très proches »), soit 6% de l’ensemble des Français.

 

  • La proximité avec ses idées est avant tout générationnelle : elle atteint 31% chez les 18-24 ans connaisseurs et 25% chez les 25-34 ans, contre 9% chez les 50-64 ans et 3% chez les 65 ans et plus. Elle culmine à 34% chez les hommes de moins de 35 ans.

 

  • Elle est aussi plus forte dans les milieux populaires (22%, contre 13% dans les catégories supérieures), chez les sympathisants d’extrême droite (24%, dont 23% au RN) et chez les sympathisants LFI (19%).

 

  1. Une audience réduite mais réelle

 

  • Près d’un connaisseur sur cinq (19%) regarde « actuellement » des vidéos d’Alain Soral sur YouTube (y compris des extraits ou rediffusions), soit 8% de l’ensemble des Français ; 13% consultent le site Égalité et Réconciliation, 13% son compte X et 12% lisent ses livres ou ses écrits.

 

  • Cette audience est jeune : 43% des connaisseurs de moins de 35 ans regardent ses vidéos (51% des hommes de moins de 35 ans), contre 4% des 65 ans et plus.

 

  • L’exposition passée (avant 2020) est du même ordre : 15% des connaisseurs regardaient alors ses vidéos, 13% consultaient Égalité et Réconciliation et 12% lisaient ses écrits ou suivaient son compte X. L’audience ne s’est donc pas érodée avec le temps.

 

  1. Une influence politique revendiquée par une minorité, concentrée sur la jeunesse

 

  • 9% des connaisseurs d’Alain Soral déclarent que ses contenus et prises de position ont influencé leur intérêt pour la politique (soit 4% des Français), dont 2% « très influencés ».

 

  • Cette influence est considérable chez les plus jeunes : 34% des 18-24 ans et 24% des 25-34 ans qui le connaissent, contre 2% des 50-64 ans et 1% des 65 ans et plus. Elle est aussi plus revendiquée par les personnes se situant à l’extrême gauche (21%) et à l’extrême droite (14%).

 

  1. Antisémitisme : un aveu rare, mais nettement plus fréquent chez les proches d’Alain Soral

 

  • 13% des Français reconnaissent avoir en eux une part d’antisémitisme (1% se disent « plutôt antisémites », 4% « un peu », 8% « pas très »), quand 71% affirment ne pas l’être « du tout » et 16% ne souhaitent pas se prononcer.

 

  • Ce sentiment est deux fois et demie plus fréquent chez les proches des idées d’Alain Soral (32%) que dans l’ensemble de la population, et concerne près d’un « très proche » sur deux (49%). Il atteint 35% chez les consommateurs actuels de ses contenus et 54% chez ceux qui les consomment au moins quelques fois par semaine.

 

  • Il est aussi plus répandu chez les 18-24 ans (24%, contre 12% des 25-34 ans), les non-diplômés (18%, contre 9% des titulaires d’un 2e ou 3e cycle).