Boire une bière à deux, c’est souvent le symbole d’un moment simple et complice : on échange des nouvelles, on partage des anecdotes, on refait le monde accoudé au comptoir. Entre amis, lors d’un rendez-vous amoureux ou devant un match, l’invitation ne se refuse pas. Mais la magie opère-t-elle encore lorsqu’il s’agit de trinquer avec un candidat à la mairie de Paris ?
Nous avons posé la question aux Parisiens, et visiblement, l’enthousiasme reste mesuré.
Emmanuel Grégoire arrive en tête : 46 % des Parisiens déclarent avoir envie de partager une bière avec lui. Il devance Rachida Dati (39 %) et Pierre-Yves Bournazel (30 %). Derrière, Sarah Knafo recueille 28 % , Sophia Chikirou 21 %, et Thierry Mariani ferme la marche avec 18 % de Parisiens ayant envie de boire une bière avec lui.
Dans un face-à-face entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, le candidat de gauche conserve un léger avantage : 35 % choisiraient de trinquer avec lui, contre 32 % pour la candidate de droite. Mais un tiers des Parisiens (33 %) préfèrent décliner l’invitation des deux côtés du comptoir.
Le duel entre Sophia Chikirou et Sarah Knafo est encore plus parlant : ici, le grand vainqueur, c’est le « ni l’une ni l’autre ». 60 % des Parisiens refusent l’idée de partager une bière avec l’une d’elles. Les deux candidates se retrouvent à égalité, avec 20 % chacune.
Car si le bistrot reste un lieu emblématique du débat, la politique en campagne y est accueillie avec prudence. Pour 61 % des Parisiens, le café est un espace où l’on peut exprimer ses idées plus librement qu’ailleurs. Près d’un sur deux (48 %) estime même que les discussions politiques de comptoir reflètent assez bien l’opinion générale. Et la pratique est bien réelle : 70 % ont déjà parlé politique dans un bar avec des amis ou collègues, plus d’un tiers avec des inconnus, 27 % avec le personnel, et 18 % lors de débats organisés. Une fois au comptoir, on parle d’abord d’actualité nationale (45 %), puis de débats de société (43 %), avant d’évoquer la vie de quartier.
Mais quand les candidats franchissent la porte, les intentions prêtées sont moins chaleureuses : 33 % des Parisiens y voient de l’opportunisme électoral, 29 % une mise en scène médiatique. Seuls 10 % pensent qu’il s’agit d’un réel intérêt pour les préoccupations des habitants.
En somme, le bistrot demeure un haut lieu de convivialité et de débat. Mais partager une bière avec un candidat ? Les Parisiens lèvent leur verre… avec modération.