Baromètre du dialogue social 2025 – Vague 8

Ensemble avec

23.01.26

  • Groupe Ifop
  • Ifop Opinion
  • FR

4 min de lecture

Les principaux enseignement de la 8ème édition du baromètre

 

Au niveau national, le ressenti d’un climat de travail de plus en plus dégradé pour les salariés se dégage de l’enquête réalisée.

Les élus interrogés font état de plusieurs constats à propos du climat de travail en France :

  • le ressenti d’une forte morosité associée en partie à l’actualité économique et politique (dette, réduction de la croissance en 2024, etc.) ;
  • le constat partagé d’un droit social français de plus en plus menacé, réduisant donc les perspectives d’amélioration et produisant un sentiment d’anxiété chez les élus ;
  • l’impression d’une forte réticence des salariés à faire respecter leurs droits en tant que travailleurs.

Contexte et climat général

  • 2 représentants du personnel sur 3 estiment bonne la situation économique de leur entreprise, c’est le plus faible score enregistré depuis 2018
  • Le contexte économique est peu propice à un dialogue apaisé, les difficultés économiques des entreprises semblent générer des tensions et le contexte politique et budgétaire à l’échelle nationale est aussi identifié comme limitant le dialogue social, notamment dans les organisations recevant des fonds publics.
  • Un sentiment global de recul social au sein des entreprises se fait sentir : les politiques RH des entreprises apparaissent de plus en plus strictes voire injustes aux yeux des élus. Toutefois, les élus d’entreprises en « bonne santé » financière observent également une dégradation des politiques RH.
  • Les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), qu’ils soient affichés ou non, apparaissent comme une réalité pour plusieurs élus qui regrettent des situations perçues comme menaçantes et injustes, des départs individuels se multipliant (licenciements, ruptures conventionnelles) qui semblent cacher des plans sociaux de plus grande envergure et la mise à l’écart des syndicats.

Connaissance et image du CSE de manière générale

Les deux tiers des salariés ont une bonne image de leur CSE, un score stable par rapport à 2024. Ils sont globalement positifs à l’égard du CSE et se sentent majoritairement bien représentés : un score, cette année encore, en hausse (+2 pts), au plus haut niveau depuis la première mesure en 2021.

État des lieux du dialogue social en 2025

  • Les dirigeants évaluent positivement le dialogue social dans leur entreprise (note moyenne de 7,7/10), mais les salariés demeurent plus réservés (5,9/10) tandis que les représentants du personnel se montrent encore plus critiques (5,1/10).
  • Les représentants du personnel sont de moins en moins optimistes et de plus en plus inquiets vis-à-vis du CSE de leur entreprise, à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis 2019. En parallèle, le sentiment de colère est en hausse tandis que les représentants du personnel n’ont jamais été aussi peu nombreux à adopter une posture attentiste.
  • En miroir, les représentants du personnel témoignent d’un état d’esprit de plus en plus tendu de la part de la direction (+6 points vs 2024 et le plus haut niveau observé depuis la première mesure en 2018), devant l’opportunisme, traditionnellement en tête.
  • Comme en 2024, les représentants du personnel continuent de relever dans des proportions accrues comme principaux inconvénients du CSE l’affaiblissement de leur poids face à la direction et un accroissement du temps nécessaire pour les élus.
  • Plus de 9 représentants du personnel sur 10 estiment que leur statut leur a permis de développer des compétences supplémentaires. Pour autant, la valorisation de l’expérience ou la VAE restent peu institutionnalisées.
  • Enfin, une grande partie des représentants du personnel perçoit plus d’inconvénients que d’avantages concernant l’équilibre vie pro – vie perso, l’évolution de sa rémunération ou de sa carrière en lien avec le statut de représentants du personnel.

Qualité de vie au travail et conditions de travail

En ce qui concerne la santé au travail, représentants du personnel comme salariés se montrent critiques sur le manque de conscientisation par l’entreprise de la pénibilité du travail en son sein. La majorité d’entre eux insistent aussi sur le manque de prise en compte des impacts en termes de conditions de travail dans les projets présentés au CSE et 4 sur 10 estiment que les risques d’accident du travail des salariés de leur entreprise sont élevés.