2027, le quinquennat où la France décidera comment elle veut vieillir. Quel regard de la part des Français ?

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10.07.26

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L’Ifop pour SYNERPA a interrogé les Français sur leur regard concernant la prise en charge des personnes âgées. L’enquête a été réalisée sur un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, du 18 au 19 juin 2026.

1 – Face au défi du financement de la dépendance, une opinion sans boussole claire

À mesure que le vieillissement de la population s’accélère, la question du financement de la dépendance s’impose. Pourtant, les Français peinent à désigner la voie à suivre. Près de quatre sur dix (39%) déclarent ne pas savoir quel modèle privilégier.

Parmi ceux qui prennent position, le modèle mixte associant nouvelles cotisations et financement individuel recueille le plus d’adhésion (34%). Cette préférence s’observe particulièrement chez les sympathisants LR (54%), devant ceux de LFI (41%) et des Écologistes (30%). À l’inverse, le financement exclusivement individuel (16%) séduit davantage les sympathisants Renaissance (32%) et RN (21%), tandis que la création de nouvelles cotisations collectives ne convainc qu’une minorité (11%), principalement à gauche (19% à LFI, 16% chez les Écologistes).

Cette hésitation collective contraste avec une réalité économique de plus en plus tangible : seuls 32% des Français estiment aujourd’hui pouvoir financer eux-mêmes une entrée en EHPAD, contre 38% en 2024. Derrière cette baisse de six points se dessinent également de fortes inégalités sociales : près d’un cadre sur deux (49%) s’en dit capable, contre seulement 27% des employés et 22% des ouvriers.

2 – Si le maintien à domicile fait consensus, les jeunes interrogent davantage ce modèle

Au-delà du financement, reste une autre question fondamentale : comment accompagner le vieillissement ?

Sur ce point, les Français ne privilégient pas une solution unique mais soutiennent massivement le développement des habitats intermédiaires et des résidences seniors (92%). Le maintien à domicile arrive juste derrière (88%), et l’entrée en EHPAD pour les personnes ne pouvant plus vivre seules en sécurité rassemble également une très large majorité (87%).

Derrière cette apparente unanimité se cache toutefois une fracture générationnelle. Les seniors défendent très largement le maintien à domicile (99% des 65 ans et plus), alors que cette priorité perd de sa force chez les plus jeunes : 72% chez les moins de 35 ans et seulement 63% chez les 18-24 ans. Ainsi, près d’un tiers de la génération Z (31%) ne considère pas le vieillissement à domicile comme une priorité absolue, signe d’une représentation du grand âge qui évolue selon les générations.

3 – Recruter pour le grand âge : le proche aidant plébiscité, l’immigration de travail en retrait

Répondre à ces attentes suppose de recruter 600 000 professionnels du grand âge dans les dix prochaines années. Sur ce point, les Français hiérarchisent nettement les leviers proposés, avec une préférence marquée pour l’implication familiale.

La création d’un « salaire aidant » permettant à un proche de réduire ou cesser son activité pour accompagner un parent dépendant recueille 88% d’avis favorables, avec un consensus traversant toutes les proximités politiques. Le conditionnement du maintien du RSA à l’acceptation d’une formation ou d’un emploi dans les métiers en tension, à commencer par ceux du grand âge, obtient également 75% d’adhésion. En revanche, l’assouplissement des conditions d’immigration de travail pour recruter dans le secteur ne recueille que 43% d’avis favorables, seule proposition à ne pas atteindre la majorité. On remarque, sur cette question de l’immigration, une adhésion nettement plus importante pour les sympathisants de gauche (72%) que pour ceux du Rassemblement National (25%).

4 – Pour financer le reste à charge à payer en EHPAD, les Français préfèrent mobiliser le patrimoine plutôt que taxer les héritages

Concernant le reste à charge à payer en EHPAD, les Français hiérarchisent également les leviers de financement, avec une préférence nette pour la mobilisation du patrimoine plutôt que pour la solidarité fiscale.

En effet, trois Français sur quatre (75%) approuvent la mobilisation du patrimoine immobilier (viager, prêt hypothécaire, vente du logement) pour permettre aux personnes âgées disposant d’un capital mais de revenus modestes de financer leur prise en charge. La souscription, dès l’âge de 40 ans, à une assurance dépendance privée, pour financer ultérieurement un séjour en EHPAD recueille 47% d’adhésion. Quant à la hausse des droits de succession recueille, elle recueille le plus franc rejet : 30% seulement s’y déclarent favorables, contre 70% d’opposants.

5 – Public ou privé ? Le modèle mixte continue de s’imposer

Au-delà des modalités de financement, les Français semblent trancher la question du rôle des acteurs.

Aujourd’hui, sept Français sur dix (70%) souhaitent confier l’accompagnement des personnes âgées à une coopération entre pouvoirs publics et secteur privé. Cette préférence progresse régulièrement depuis 2022 (59%), gagnant onze points en quatre ans.

Symétriquement, le recours exclusif à l’État perd du terrain (24%, contre 35% en 2022), tandis que le tout-privé reste marginal (6%).

Le modèle mixte convainc particulièrement les sympathisants Renaissance (83%), LR (80%) et PS (72%), tandis que les sympathisants LFI apparaissent plus réservés (49%).

6 – Le débat clivant de la suppression des ARS

La question de la suppression des Agences Régionales de Santé (ARS) partage l’opinion en trois blocs presque équivalents : 36% s’y opposent, 33% l’approuvent, 31% ne savent pas quoi en penser, un taux de non-réponse élevé témoignant du caractère technique du sujet.

Le clivage politique se lit néanmoins nettement. Les sympathisants LR (52%) et Renaissance (51%) se prononcent majoritairement pour la suppression des ARS. À l’opposé, les sympathisants des Écologistes (59% défavorables) et du PS (58%) défendent le maintien des ARS, rejoints par une part significative des sympathisants RN (46% défavorables) et LFI (43%).

7 – Grand âge et bulletin de vote : une priorité unanime dont l’effet mobilisateur reste plus mesuré

À moins d’un an de l’élection présidentielle, le grand âge s’impose comme une priorité largement partagée. Près de neuf Français sur dix (87%) souhaitent que le prochain président en fasse un axe majeur de son quinquennat, un consensus qui traverse l’ensemble des sensibilités politiques.

Pour autant, cette préoccupation ne se traduit pas automatiquement massivement dans les comportements électoraux : 60% des Français déclarent que les propositions d’un candidat sur le grand âge pourraient influencer leur vote, soit un écart de 27 points avec la reconnaissance du sujet comme priorité nationale.

Cette sensibilité apparaît particulièrement forte chez les sympathisants socialistes (79%) et LR (70%), mais demeure plus limitée chez les plus jeunes, puisque moins d’un 18-24 ans sur deux (48%) affirme pouvoir orienter son vote en fonction de cet enjeu.